11 mai 2019

C’est déjà hier (11 mai 2019)

La croissance britannique reste vaillante

Les incertitudes pesant sur les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’ont pas pour le moment nui à la croissance britannique. Selon l’estimation initiale publiée par l’Office National de Statistiques (ONS), le produit intérieur brut (PIB) du Royaume Uni a augmenté de 0,5 % en volume au premier trimestre 2019 par rapport au dernier de 2018.

La croissance britannique a été plus forte au cours des trois premiers mois de l’année après le ralentissement constaté au quatrième trimestre 2018 (+0,2 %). Par rapport aux périodes correspondant un an auparavant, le taux de croissance passe de 1,4% à 1,8% d’un trimestre sur l’autre.

L’ONS précise que les dépenses de consommations privées et publiques, ainsi que la formation brute du capital fixe, ont contribué positivement à cette croissance, alors que le commerce extérieur a pesé négativement.

L’emploi résiste au ralentissement économique

Au premier trimestre 2019, l’emploi salarié du secteur privé en France a augmenté de 0,3 %, comme au trimestre précédent, soit 66 400 créations nettes d’emploi après +54 000. Sur un an, il s’accroît de 0,9 %, soit +173 700 après +0,8 % au quatrième trimestre 2018. Hors intérim, il augmente de 0,3 % sur le trimestre (soit +54 300) et de 1,0 % sur un an (+185 500).

L’augmentation de l’emploi est imputable au secteur de la construction (+0,6 % au premier trimestre, soit +7 900, après +0,5 %) et aux services marchands, +0,4 % (soit +50 200), après +0,3 % au quatrième trimestre 2018, Hors intérim, sa progression est un peu inférieure : +0,3 % (soit +38 100), après +0,4 % le trimestre précédent. L’emploi non marchand privé augmente de nouveau légèrement sur le trimestre (+0,1 % après +0,2 %) et sur un an (+0,2 %). Au premier trimestre 2019, l’emploi intérimaire renoue avec la croissance : +1,5 %, après −1,1 % au trimestre précédent (soit +12 100 après −8 800). Il reste cependant inférieur à son niveau du premier trimestre 2018 (−1,5 %, soit −11 800).

L’emploi augmente modérément dans l’industrie (+0,2 %, comme le trimestre précédent, soit +4 900).

Sur un an, l’emploi salarié privé s’accroît de 24 900 dans la construction et de 12 400 dans l’industrie et de 127 500 dans les services.

Le ralentissement de la croissance a freiné le nombre de créations d’emplois sans pour autant les faire disparaître. Pour mémoire, en 2018, 160 300 emplois avaient été enregistrés deux fois moins qu’en 2017 (+329.600).  Depuis six mois, la situation semble s’être stabilisée voire s’améliorer légèrement.

Insee

Le commerce extérieur de la France, un maillon faible récurrent

Avec le ralentissement du commerce international et la hausse du cours du pétrole, le solde commercial de la France tend à se dégrader depuis un an.

Au 1er trimestre de cette année, il a été négatif de 13,7 milliards d’euros contre 12,4 milliards d’euros au trimestre précédent. Le solde manufacturier (hors pétrole raffiné) est passé du 4e trimestre 2018 au 1er trimestre 2019 de – 6,8 milliards à – 7,4 milliards. Le solde de l’énergie, y compris le pétrole raffiné, s’établit à – 11,5 milliards d’euros. Le solde agricole reste légèrement positif (+ 0,4 milliard). Le solde commercial s’est dégradé avec les Etats-Unis, la Chine et l’ensemble de l’Union européenne. Il s’est, en revanche, amélioré avec le pays européens non membres de l’Union européenne.

Ministère de l’Economie

Les touristes étrangers boudent la France par peur des manifestations

Les évènements liés au mouvement des gilets jaunes ont dissuadé les touristes étrangers de venir en France. Après les manifestations du moins de novembre, de nombreuses annulations de réservations sont intervenues entraînant un recul du nombre de nuitées au cours du premier trimestre 2019. Exprimée en nuitées, la fréquentation des hébergements collectifs touristiques a reculé de 2,5 % par rapport au premier trimestre 2018. Cette baisse interrompt deux ans de hausse continue de la fréquentation touristique. Les nuitées des non-résidents ont baissé de 4,8 %. Celles des résidents se contractent de 1,5 %.

La fréquentation hôtelière des non-résidents baisse fortement (−3,4 %), alors que celle des résidents est en léger recul (−0,4 %). La chute est de près de 5 % en Île de France pour les non-résidents comme pour les résidents. Dans les espaces urbains de province, la baisse est moindre (−0,8 %), aussi bien pour les résidents que les non-résidents.

Dans les stations de ski, la fréquentation des non-résidents reste dynamique (+4,2 %) mais ne compense pas la moindre présence de résidents (-3,1 %). De ce fait, le nombre de nuitées est en diminution de 0,5 %.  La fréquentation a augmenté sur le littoral (+4,8 %), grâce à la clientèle résidente qui a probablement profité des conditions météorologiques très clémentes de ce début d’année.

Les entreprises françaises et le développement durable

Depuis plusieurs années, les entreprises sont amenées à intégrer dans leurs actions le concept de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). A ce titre, la récente loi PACTE a changé l’objet social des entreprises. L’article 1833 du Code civil définissant l’objet des entreprises a été complété par un alinéa ainsi rédigé : « La société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ».

Selon l’INSEE, en 2016, 59 % des entreprises de 20 salariés ou plus disent avoir « déjà entendu parler » de la RSE. Un quart d’entre elles estime néanmoins ne pas mener d’action particulière en la matière. Parmi celles qui disent « ne jamais en avoir entendu parler » (soit 41 %), un quart estime cependant mener des actions en phase avec la RSE.

La connaissance et la mise en œuvre des actions de RSE dépendent essentiellement de la taille de l’entreprise, de son appartenance à un groupe et à certains secteurs d’activité.

Sans surprise, les grandes entreprises, du fait des obligations réglementaires, ont mis en œuvre des plans d’action RSE. En 2016, 96 % des entreprises de plus de 500 salariés déclarent avoir entendu parler de la RSE. En revanche, seule la moitié des entreprises de 20 à 49 salariés connaissent la RSE.

Les entreprises des secteurs de l’énergie et de l’environnement sont les plus engagées. Elles sont depuis longtemps concernées par le volet environnemental de la RSE en particulier en raison de la réglementation. En outre, ce sont des secteurs où les grandes entreprises sont prédominantes. Les autres secteurs les plus engagés dans les politiques de RSE relèvent des services : l’immobilier (y compris les loueurs et les organismes d’HLM), les activités de services administratifs et de soutien, les activités spécialisées, scientifiques et techniques et les activités de l’information et de la communication. En revanche, les entreprises du commerce de détail et des services personnels sont, de façon significative, les moins informées et les moins engagées dans la RSE. Dans les autres secteurs, la prégnance de la RSE dépend essentiellement de la taille de l’entreprise.

Dans leur process RSE, les entreprises mettent avant tout l’accent sur « le respect de l’homme et de l’environnement » (59 % des entreprises). Les autres motifs proposés sont directement liés au management de l’entreprise. « L’adhésion et la motivation des employés » arrive donc en deuxième position des résultats attendus pour la RSE (38 %). Un tiers des entreprises citent la gestion des risques, un tiers également l’amélioration de leur image externe comme motifs principaux d’actions de RSE. La réduction des coûts de production motive prioritairement un quart des entreprises engagées dans la RSE. Le développement de nouveaux biens et services concerne 10% des entreprises. Les priorités diffèrent d’un secteur à un autre. Ainsi, les entreprises de l’énergie et de l’environnement placent en tête de leurs objectifs « l’homme et l’environnement » (72 % des entreprises) et « la gestion des risques » (46 %). Pour les entreprises des services, « l’adhésion et la motivation des employés » sont un objectif prioritaire, notamment dans les secteurs de l’information et de la communication, des activités tertiaires spécialisées, des services administratifs et de soutien. Dans les secteurs de la construction, des transports et de l’entreposage, de l’hébergement et de la restauration, les préoccupations des entreprises sont plus orientées vers la gestion des risques.

L’association de la direction des ressources humaines dans le processus d’élaboration de la stratégie de l’entreprise est de mise pour 65 % des entreprises pratiquant des actions RSE. L’investissement socialement responsable (ISR) est pratiqué par 29 % des entreprises. Dans 22 % des entreprises, des salariés participent aux conseils de surveillance. 11 % des entreprises disposent, par ailleurs, d’un comité de développement durable.

INSEE