20 août 2016

C’est déjà hier (20 août 2016) Chômage, Royaume-Uni

Le taux de chômage baisse réellement en France

Selon l’INSEE, en moyenne sur le deuxième trimestre 2016, le taux de chômage au sens du Bureau International du Travail (BIT) est de 9,9 % de la population active en France, après 10,2 % au premier trimestre 2016.

En France métropolitaine, le nombre de chômeurs diminue de 74 000, à 2,8 millions de personnes ; le taux de chômage se contracte ainsi de 0,3 point par rapport au premier trimestre 2016, à 9,6 % de la population active. La baisse concerne toutes les tranches d’âge et tout particulièrement les jeunes. Parmi les chômeurs, 1,2 million déclarent rechercher un emploi depuis au moins un an. Au deuxième trimestre 2016, le taux de chômage de longue durée s’établit, de ce fait, à 4,3 % de la population active, comme au trimestre précédent et au deuxième trimestre 2015.

Cette diminution repose sur des facteurs positifs liés à la croissance et à des facteurs négatifs comme la baisse du taux d’activité. Des chômeurs ont cessé de chercher du travail par découragement et n’apparaissent plus dans les statistiques. Néanmoins, il faut souligner que les créations d’emploi dans le secteur marchand ont contribué à la décrue du chômage. Au deuxième trimestre de cette année, 24 000 créations d’emploi ont été enregistrés après 37 300 au premier trimestre. Sur un an, l’emploi s’accroît de 0,9 % soit +143 300. La France a ainsi connu son 5ème trimestre consécutif de créations nettes d’emplois pour le secteur marchand.

Il faut également prendre en compte l’augmentation moins rapide de la population active du fait d’une arrivée plus faible de jeunes actifs et d’un nombre élevé de départs à la retraite.

Enfin, la montée en puissance des dispositifs en faveur des jeunes (formation et emplois aidés) commence à porter ses fruits.

La baisse du chômage en France demeure néanmoins inférieure à celle constatée chez nos principaux partenaires européens. En Allemagne et au Royaume-Uni, le chômage est inférieur à 5 % et se situe au niveau du plein emploi.

 L’économie britannique en plein paradoxe

Deux mois après le référendum, l’enfer n’est pas encore certain. Les signes négatifs restent faibles et sont compensés par de bons résultats. Ainsi, le taux de chômage reste bloqué à 4,9 % soit le taux le plus faible de ces 11 dernières années. Les ventes au détail ont progressé de 1,4 % en juillet, bien plus que prévu par les analystes, laissant penser que les consommateurs n’ont pas changé leurs habitudes et cela malgré les hausses des prix. Londres bénéficie même d’une augmentation du nombre de touristes dont le pouvoir d’achat est accru par la faiblesse de la livre.

Certes, l’inflation générée par la dépréciation de la livre sterling (perte de plus de 10 % par rapport au dollar et à l’euro) érode le pouvoir d’achat des ménages britanniques. Ces derniers subissent une hausse des produits alimentaires qui sont importés à plus de 40 %. L’augmentation des prix ne se limite pas à ces produits. Ainsi, le groupe PSA a décidé d’augmenter les tarifs de ses véhicules de 2 %. Les groupes d’électronique et d’informatique ont fait de même. Le groupe britannique HEADLAM a également de relever les prix de ses moquettes et autres revêtements de sols pour la maison importés des Pays-Bas et de Belgique.

La croissance des prix de l’immobilier se ralentit voire laisserait place à une baisse. Une enquête de la RICS (l’association représentante du secteur immobilier) souligne  que le nombre de potentiels acheteurs se contracte. Après une baisse de 36 % en juin, le nombre d’acheteurs a diminué de 27 % en juillet par rapport à l’an passé. Le nombre de maisons mises en vente a diminué de 34 % en juillet ; les prix des logements ont baissé de 5 % par rapport à 2015. Un repli qui a atteint 6 % concernant le secteur des bureaux à La City, selon une étude publiée par la société CBRE.

La question du Brexit qui a été un peu enterrée durant la trêve estivale devrait rebondir à la rentrée. Les Britanniques tenteront d’imposer leur calendrier qui prévoit une sortie au mieux en 2019 quand certains Etats européens dont la France serait toujours favorables à une sortie rapide.

 

Le Japon, spécialiste avéré de la stagnation séculaire

Le Japon a vu son économie stagner au deuxième trimestre 2016 par rapport au premier, qui avait connu une hausse de 0,5 %. En rythme annuel, la progression n’est que de 0,2 %.

Au deuxième trimestre, le Japon a dû faire face à un recul des investissements non résidentiels des entreprises (-0,4%) et à une contribution négative du commerce extérieur. Les exportations ont diminué de 1,5 %, dans un contexte de croissance mondiale poussive et de ralentissement des pays émergents. L’appréciation du yen a également pénalisé les exportateurs japonais. La consommation des ménages s’est inscrite, en revanche, en petite hausse de 0,1% ; la demande publique a été de son côté en forte progression, soit + 0,6 %.

Le Japon après quatre année d’Abenomics, la politique économique mise œuvre par le Premier Ministre Shinzo Abe, n’arrive toujours pas à sortir de sa lancinante stagnation. Le programme du Premier Ministre combinant facilité monétaire, relance budgétaire, rééquilibrage des comptes publics et réformes structurelles est d’autant plus « un mouton à cinq pattes » que son application demeure partielle. Ainsi, compte tenu de la récession provoquée par l’augmentation de 3 points de la TVA, le Premier Ministre diffère d’année en année sa prochaine hausse, nécessaire pour juguler un déficit public chronique et abyssal. De même, les réformes structurelles concernant le marché du travail, l’agriculture ou la distribution butent sur le conservatisme japonais.

A défaut de pouvoir lutter structurellement contre la léthargie de l’économie nipponne, le Premier Ministre n’a pas d’autre solution que de proposer régulièrement de nouveaux plans de relance. Ainsi, en juillet, Shinzo Abe a-t-il annoncé un plan de 28 000 milliards de yens (240 milliards d’euros).

La Banque du Japon (BoJ), de son côté, ne sait plus sur quel pied dansé. Sa politique n’arrive toujours pas à circonvenir les forces déflationnistes qui minent l’économie nipponne. Elle a annoncé dernièrement une évaluation de sa politique. Les résultats d sont attendus en septembre. Certains espèrent un nouvel assouplissement quand d’autres, bien moins nombreux, souhaitent un statuquo.

Le mal japonais est d’ordre structurel. En cinq ans, le Japon a perdu un million d’habitants. Les autorités souhaitent empêcher le passage de la population en-dessous des 100 millions d’habitants mais ce pari n’est pas gagné d’avance. En 2015, d’après l’Institut national de la démographie au Japon, près d’un tiers de la population aura plus de 65 ans ; la proportion atteindra 40 % en 2050. Selon la tendance actuelle, la population ne pourrait s’élever qu’à 42 millions d’habitants en 2110. Le Japon demeure une société fermée et bloquée. Le nombre d’immigrés est de 2 millions représentant 0,2 % de la population.