12 décembre 2015

France – Allemagne, Vérité d’un côté du Rhin, erreurs au-delà…

Vérité d’un côté du Rhin, erreurs au-delà…

Si la Banque de France a été contrainte d’abaisser de 0,4 et 0,3 point ses prévisions de croissance pour la France en 2016 et 2017, la Bundesbank a de son côté relevé les siennes de 0,2 point pour 2017.

« Les principaux moteurs de l’activité dans le pays sont la situation favorable du marché du travail et l’augmentation substantielle des revenus réels disponibles pour les ménages » a déclaré Jens Weidmann, le Président de la banque centrale allemande. Il a ajouté que « l’état de santé robuste de l’économie allemande devrait apparaître plus clairement au cours des deux prochaines années ».

L’Allemagne affiche toujours un faible taux de chômage (6 %) à son plus bas niveau depuis 24 ans. Le nombre de demandeurs d’emploi continue de diminuer. Ils sont 84.000 de moins que l’an dernier. La population active a atteint, de son côté, un niveau record avec 43,4 millions de personnes. 600 000 postes sont à pourvoir. L’économie allemande manque cruellement de personnels soignants, de mathématiciens, d’informaticiens, de médecins, de boulangers et de menuisiers. L’Agence pour l’emploi, l’équivalent de Pôle Emploi, enregistre un résultat en excédent de 3,13 milliards d’euros.

L’impact de l’arrivée des demandeurs d’asile – environ un million cette année -  sur l’emploi devrait être faible. L’Agence pour l’emploi estime que le nombre de demandeurs d’emploi pourrait s’accroître de 70 000 en 2016. Le nombre total d’emplois devrait augmenter l’année prochaine de plus de 200 000.

L’arrivée des réfugiés devrait avoir un impact sur la croissance évalué à 0,4 point de PIB pour 2016. L’Etat devrait dépenser une dizaine de milliards d’euros sous forme de transferts directs. Par ailleurs, ces réfugiés devront se loger, s’équiper et donc consommer.

La Banque de France fait un tout autre constat concernant la France.

La Banque de France, dans sa dernière note de conjoncture, a souligné que si l’activité a enregistré une reprise en 2015 du fait de la baisse du prix du pétrole et de la dépréciation de l’euro, des facteurs externes pourraient jouer en sens contraire en 2016 et 2017. Les effets positifs du contre-choc pétrolier sur la croissance devraient s’estomper tout comme ceux de la baisse de l’euro. Le nouveau gouverneur de la Banque de France, François, Villeroy de Galhau, considère que les attentats ne devraient pas peser sur la croissance, leur impact étant limité dans le temps.

L’emploi salarié toujours en déprime surtout dans l’industrie et le bâtiment

Les mauvais résultats du chômage, en France, traduisent une panne sur la création d’emploi en particulier pour les salariés. Ainsi, selon l’INSEE, au troisième trimestre, l’emploi s’est très légèrement contracté pour les secteurs marchands non agricoles (–900), après avoir légèrement augmenté au trimestre précédent (+28 400, soit +0,2 %). Les entreprises et en premier lieu dans l’industrie recourent de plus en plus à l’intérim et au CDD au détriment du CDI. Le ralentissement de la croissance enregistré au cours du deuxième trimestre a certainement pesé sur les décisions d’embauche des employeurs. Il y a une très forte prudence des entreprises nourrie par un contexte incertain.

Hors intérim, l’emploi diminue de 17 300, soit – 0,1 %, après + 8 300 au deuxième trimestre. Sur un an, le bilan reste positif avec la création de 37 600 emplois dans les secteurs principalement marchands (soit + 0,2 %).

L’industrie et le bâtiment continuent de souffrir. Ainsi, au troisième trimestre, l’emploi recule à nouveau dans l’industrie (–14 600, soit – 0,5 %). Il baisse encore dans la construction, sur un rythme similaire à celui du trimestre précédent (–10 200 emplois, soit –0,8 %). Sur un an, 41 400 emplois ont été supprimés dans l’industrie (soit -1,3 %), et 45 200 dans la construction (soit – 3,3 %).

L’augmentation dans le secteur tertiaire repose sur l’intérim.

7 600 emplois ont été créés au sein du secteur tertiaire hors intérim contre 27 800 au deuxième trimestre. Les effectifs intérimaires qui sont comptabilisés dans le secteur tertiaire quel que soit celui dans lequel ils effectuent leur mission, augmentent de nouveau au troisième trimestre de 16 400 emplois, soit +3,0 %, après +20 100 au deuxième trimestre. Au total, le rythme des créations d’emploi dans le secteur tertiaire marchand ralentit (+23 900 emplois, soit +0,2 %, après +47 900 au deuxième trimestre, soit +0,4 %).

Sur un an, l’intérim a fortement augmenté (+49 200 emplois, soit +9,5 %) et le secteur tertiaire marchand dans son ensemble a créé 124 200 emplois (soit +1,1 %).