Le Coin de la conjoncture
Croissance à petite vitesse pour la France
En France, le PIB s’est contracté, au dernier trimestre 2024, de 0,1 % par contrecoup des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris qui l’avaient soutenue durant l’été (+0,4 % au troisième trimestre). Sur l’ensemble de l’année, la croissance s’est élevée à 1,1 % comme en 2023.
L’économie française a bénéficié d’un positionnement sectoriel plus favorable que ses voisins européens. Par ailleurs, le retournement de l’investissement a été compensé par l’accélération des dépenses publiques. En 2025, les dépenses publiques joueront de manière négative sur la croissance contrairement à ses voisins, qui ont largement entamé leur consolidation budgétaire.
Les ménages seraient largement épargnés par la rigueur budgétaire toute relative. Ils bénéficieraient en outre d’une inflation tombée à +0,8 % en février et qui resterait faible d’ici juin (+1,1 %), leurs revenus (salaires et surtout retraites) étant indexés sur la hausse des prix passée. Le pouvoir d’achat continuerait ainsi de croître, engrangeant déjà +0,9 % d’acquis à mi-année, après +2,5 % en 2024. Les entreprises subiraient un prélèvement de 0,9 point de leur valeur ajoutée en raison des mesures de redressement budgétaire, leur situation financière restant pénalisée par la hausse passée des taux d’emprunt. L’économie française devrait connaître, dans ces conditions, une expansion limitée au cours du premier semestre, +0,1 % au premier trimestre puis +0,2 % au deuxième. L’acquis de croissance pour 2025 atteindrait seulement +0,4 % à mi-année. Pour 2025, la croissance devrait se situer autour de 0,9 % contre 1,1 % initialement prévu par le gouvernement. Cette moindre croissance rendrait plus complexe la baisse du déficit public à 5,5 % du PIB.
Une baisse sensible de l’inflation
Après avoir touché un point bas en février à 0,8 % en février, l’inflation se redresserait, selon l’INSEE, à +1,1 % en juin 2025 sur un an. La contribution à l’inflation d’ensemble de l’alimentation s’élèverait légèrement jusqu’en juin, répercutant la hausse récente des prix à la production dans l’industrie agro-alimentaire. L’inflation dans les services s’élèverait également, car les prix des télécommunications cesseraient de baisser et ceux de la protection sociale accélèreraient. L’inflation sous-jacente, qui n’inclut ni les prix de l’énergie ni ceux des tarifs administrés (comme ceux de la protection sociale), augmenterait passant de +1,2 % en février à +1,5 % sur un an en juin. Dans l’hypothèse d’une stabilité du cours du Brent à 65,4 € le baril à l’horizon de prévision, les prix des produits pétroliers sur un an reculeraient plus en juin (-7,0 %) qu’en février (-4,5 %). À l’inverse, dans un contexte de tensions sur les stocks de gaz en Europe à la sortie de l’hiver, les prix du gaz pour le consommateur qui suivent avec un léger retard l’évolution des cours de marché, resteraient stables au printemps alors qu’ils baissaient un an plus tôt : la hausse sur un an atteindrait ainsi +21,5 % en juin après +11,7 % en février. L’inflation alimentaire augmenterait à l’horizon de prévision, passant de +0,3 % sur un an en février à +0,9 % en juin. L’inflation des produits manufacturés serait portée par le prix des automobiles neuves, en raison du renforcement du malus écologique à partir de mars. Les prix des services accéléreraient légèrement à l’horizon de la prévision, atteignant +2,4 % en juin sur un an, après +2,2 % en février. Les services resteraient la principale contribution à l’inflation d’ensemble tout au long de la période de prévision. À l’horizon de prévision, les prix des transports accéléreraient, passant de +1,5 % sur un an en février à +3,8 % en juin, du fait notamment de la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion au printemps. La hausse des prix du tabac qui atteint +4,5 % en février sur un an, ralentirait, jusqu’en juin à +4,0 % par effet de base. En l’absence de mesures nouvelles, l’accise a été indexée sur l’inflation passée en début d’année 2025.
Consommation en hausse
Au cours du premier semestre 2025, la consommation des ménages serait en hausse, +0,4 % au premier trimestre puis +0,2 % au deuxième. Les gains de pouvoir d’achat engrangés fin 2024, du fait de la baisse de l’impôt sur le revenu, alimenteraient avec retard la consommation en 2025. La consommation de biens serait atone au premier semestre 2025. Au premier trimestre, en particulier, elle serait pénalisée par le reflux des achats de matériels de transport (automobiles et motocyclettes), en contrecoup de la hausse de fin 2024. Les dépenses en gaz et électricité seraient en hausse en lien avec des températures rigoureuses (+2,5 %) puis retrouveraient au printemps un niveau proche de celui de l’automne. La consommation alimentaire ne progresserait toutefois que de 0,2 % au premier trimestre, amoindrie par la baisse des ventes de tabac en réaction à la hausse de prix de janvier, puis elle enregistrerait une hausse, au printemps, de 0,5 %. La consommation de produits pétroliers augmenterait au premier trimestre (+1,0 %) du fait d’importants achats de fioul, puis diminuerait au printemps (-0,5 %). La consommation de services augmenterait de 0,5 % au premier trimestre et de 0,4 % au deuxième. La consommation en services de transports serait dynamique en début d’année (+1,0 %), portée par les achats de billets de train et d’avion, puis elle ralentirait au deuxième trimestre (+0,1 %), en raison de l’entrée en vigueur de la hausse de la taxe de solidarité sur les billets d’avion au 1er mars. La consommation en hébergement-restauration et en information communication conserverait un rythme relativement soutenu.
Stabilisation de l’investissement des ménages après plusieurs trimestres de baisse
L’investissement des ménages a diminué au quatrième trimestre 2024 de 0,3 % après -0,6 % au troisième. Il est en recul depuis deux ans et demi. L’investissement des ménages en construction a baissé de 6,7 % en 2024 après avoir reculé de 5,3 % en 2023. Quant à l’investissement des ménages en services, qui reflète les transactions immobilières dans l’ancien (frais d’agence et de notaire), il a baissé en 2024 de 3,6 %, contre -17,1 % en 2023. Il a néanmoins enregistré une hausse au quatrième trimestre (+4,7 après +0,5 %), traduisant le frémissement du marché immobilier permis par les baisses de taux d’intérêt. Au premier semestre 2025, l’investissement des ménages ne devrait baisser que de 0,3 % pour se stabiliser au deuxième. Les mises en chantier de logements neufs se stabiliseraient. Les perspectives d’activité dans l’entretien-amélioration s’amélioreraient et les transactions immobilières poursuivraient leur rebond (+0,5 % par trimestre).
Pouvoir d’achat des ménages en hausse
Sur l’ensemble de l’année 2024, le pouvoir d’achat global a augmenté de +2,5 % soit deux fois plus vite que la croissance du PIB (+1,1 %). Le pouvoir d’achat par unité de consommation (UC) a enregistré, de son côté, une hausse de 1,9 % après un gain de 0,3 % en 2023 dans un contexte de désinflation. En termes réels, les prestations sociales en espèces ont augmenté en 2024, du fait de leur indexation avec retard sur l’inflation passée, notamment la revalorisation des retraites de base de 5,3 % au début de l’année.
Au premier trimestre 2025, le revenu disponible brut des ménages progresserait au même rythme qu’en fin d’année 2024 (+0,4 %). Les revenus d’activité continueraient d’augmenter modérément. L’emploi devrait se replier mais les salaires devraient continuer à augmenter. En outre, les revenus des entrepreneurs individuels seraient portés par la hausse des tarifs de consultations des médecins généralistes effective fin décembre 2024. Les prestations sociales augmenteraient de nouveau plus vite que les revenus d’activité du fait de l’indexation des retraites de base sur l’inflation passée (+2,2 % au 1er janvier 2025). Les revenus des propriétaires immobiliers seraient orientés à la hausse. Les revenus des placements financiers seraient, en revanche, en baisse. Les produits de taux subiraient la diminution des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne. Les intérêts versés par les ménages continueraient de progresser, car le taux moyen sur le stock de crédit immobilier est plus inerte. Les versements de dividendes ralentiraient en raison de résultats financiers moins favorables en 2024.
Résultats des entreprises en baisse
Le taux de marge des sociétés non financière (SNF) diminuerait de 0,4 point au premier trimestre puis de 0,2 point au deuxième. Il s’élèverait à 31,6 % de la valeur ajoutée au printemps. Malgré la baisse du prix du pétrole, le ratio entre les prix de valeur ajoutée et ceux de consommation se dégraderait sur le semestre, du fait de la baisse du prix du fret, qui pèse sur les marges des entreprises françaises de transport maritime, et de la baisse attendue du prix de vente de l’électricité. Le prix à l’exportation de l’électricité continuerait de bénéficier de la hausse des prix de gros sur les marchés européens, mais son prix de vente sur le marché domestique chuterait dans le sillage de la baisse des tarifs réglementés à compter de février. Le coût réel du travail progresserait sur le semestre, en raison des gains de salaires réels et de la hausse, au printemps, du taux moyen de cotisation employeur, liée à la baisse des allègements généraux de cotisations sociales. Cette hausse du coût réel du travail serait partiellement compensée, sur le semestre, par des gains de productivité. Le taux d’épargne des entreprises devrait baisser à 19,0 % de leur valeur ajoutée en acquis à la mi-année 2025, Le recul de l’investissement serait un peu moins prononcé que celui de l’épargne si bien que le taux d’autofinancement continuerait de reculer pour s’établir autour de 86 % en acquis à mi-année 2025, au plus bas depuis 2008.
L’investissement des entreprises non financières s’est stabilisé au quatrième trimestre 2024 (-0,2 % après -1,1 % au troisième trimestre. Les investissements en produits manufacturés ont enregistré une légère hausse au quatrième trimestre de +0,1 % après -4,8 % au troisième trimestre 2024. L’investissement en construction est reparti à la baisse (-1,1 % après +0,6 % au troisième trimestre), et totalise désormais sept trimestres de recul sur les huit derniers. Les dépenses d’investissement en services ont connu une petite hausse de 0,2 % au quatrième trimestre après +1,1 %.
Sur l’ensemble de l’année 2024, l’investissement des entreprises a diminué de 1,6 % après +3,1 % en 2023. L’investissement en produits manufacturés a reculé de 5,6 % en 2024 après +3,6 % en 2023 quand le recul de l’investissement en construction s’est accru (-2,4 % après -0,5 %). L’investissement en services, structurellement bien orienté, notamment du fait des dépenses en service d’information-communication, a connu une nette décélération (+2,8 % après +5,4 %). L’investissement des prochains trimestres demeurerait faible. Dans l’industrie, les perspectives de demande se situent en-deçà de leur moyenne historique et les intentions de commandes du commerce de gros d’équipements industriels évoluent, depuis un an, autour de leur plus bas niveau depuis 2015, hors épisode de la crise sanitaire. Dans la construction, le recul de l’investissement n’est pas imputable exclusivement à la hausse des taux d’intérêt et au durcissement de l’accès aux crédits. Les mises en chantier de bureaux sont en baisse depuis début 2022, sans signe visible d’inflexion, et atteignent leur plus bas niveau depuis dix ans. Cette chute s’explique par des changements structurels dans l’organisation du travail (développement du télétravail, essor du travail indépendant, etc.). Les mises en chantier de surfaces commerciales semblent s’être stabilisées à un niveau proche de leur plus bas historique, atteint lors de la crise sanitaire.
Le solde d’opinion sur l’investissement prévu par les entreprises du secteur des services a connu un rebond, au mois de janvier 2025, mais demeure au-dessous de sa moyenne de long terme depuis le mois d’octobre 2023. Par ailleurs, la baisse continue du taux de dépôt de la BCE, passé de 4,00 % à 2,50 % entre juin 2024 et mars 2025, ne se transmet que partiellement aux conditions de financement des entreprises. Les mesures prises dans le cadre de la loi de finances pour 2025 pèsent sur la situation financière des entreprises et donc sur leur capacité d’autofinancement. L’investissement des entreprises pourrait légèrement augmenter en moyenne au premier semestre 2025 de 0,2 % mais pourrait reculer de 0,4 % au deuxième. L’investissement en produits manufacturés resterait globalement mal orienté, mais les acquisitions d’automobiles lui apporteraient un soutien ponctuel au premier semestre, du fait d’achats anticipés avant l’entrée en vigueur du durcissement du malus écologique au 1er mars. L’investissement en produits manufacturés progresserait ainsi de +0,5 % au premier trimestre, avant de se replier au deuxième (-1,5 %). L’investissement en services continuerait certes de progresser (+0,5 % par trimestre), mais sensiblement moins vite que sa tendance des trois dernières années (+1,3 % par trimestre en moyenne). Dans la construction, le recul se poursuivrait (-0,5 % par trimestre), reflétant le faible volume de mises en chantier. À mi-année, l’acquis de croissance pour l’investissement total des entreprises serait négatif (-0,8 %). l
Effets économiques des lois de finances
Le déficit public a atteint 5,5 % du PIB en 2023 et s’établirait à 6,0 % en 2024 selon le Gouvernement La loi de finances pour 2025, publiée au Journal Officiel le 14 février 2025, vise un déficit public à 5,4 % du PIB en 2025, soit un ajustement structurel de +0,7 point de PIB en 2025, après -0,4 point en 2024. Cette réduction repose essentiellement sur des mesures de hausse des prélèvements obligatoires (contribution de +0,9 point). La faible dynamique des prélèvements obligatoires génèrerait une contribution négative de 0,2 point.
L’ajustement budgétaire aurait une ampleur relativement comparable, sur une année à ce stade, à celui mis en œuvre en France au début des années 2010. Néanmoins, l’effet serait moindre sur le plan économique car dans les autres pays européens, la politique budgétaire serait moins restrictive, ces pays ayant déjà réalisé, en grande partie, leur ajustement budgétaire. Par ailleurs, de nombreux États européens ont décidé d’accroître leurs dépenses militaires ce qui pourrait favoriser une reprise de l’économie. La situation financière des sociétés non financières (SNF) serait pénalisée à hauteur de 0,6 point de valeur ajoutée. En outre, les entreprises seraient aussi soumises aux mesures affectant les prix (électricité, billets d’avions, bonus-malus automobile), en assumant environ la moitié.la loi de finances prévoit également une hausse de la taxe sur les transactions financières à hauteur de 500 millions d’euros. L’impact sur le prix des consommations intermédiaires des entreprises de ces différentes mesures s’élèverait à 0,2 point de la valeur ajoutée des entreprises. Au total, l’ensemble des mesures visant les entreprises contribueraient à réduire leur épargne financière à hauteur de 0,9 point de valeur ajoutée. Les lois de finances devraient également freiner l’activité des administrations publiques. la baisse serait néanmoins limitée, inférieure à 1 %. Après avoir soutenu le PIB à hauteur de +0,6 point en 2024, la contribution comptable des dépenses finales des administrations publiques à la croissance du PIB serait trois fois moindre en acquis à mi-année pour 2025. Pour les ménages, les deux textes financiers réduiraient de 0,4point leur pouvoir d’achat en 2025.L’effet des mesures ne ferait toutefois que freiner le pouvoir d’achat, dont l’acquis à mi-année s’élèverait à +0,9 % en 2025 (après une progression de +2,5 % en moyenne sur l’année 2024. Les revenus des ménages bénéficierait du dynamisme spontané des prestations, notamment la revalorisation des retraites, du rattrapage salarial et de la baisse des prix hors taxe de l’électricité .Le niveau actuel élevé du taux d’épargne pourrait conduire les ménages à absorber une partie du choc sur leur revenu via une baisse de celui-ci. Le freinage que connaîtra en 2025 le pouvoir d’achat des ménages intervient après une année 2024 marquée par un important regain, dans un contexte de désinflation. Or, ces gains de pouvoir d’achat engrangés en 2024 ont été peu dépensés par les ménages pour le moment, leur consommation ayant progressé uniquement de +0,9 % en 2024.
Le taux d’épargne pourrait diminuer en 2025 car les revenus de la propriété ralentiraient limitant d’autant le réinvestissement. Certaines mesures de la loi de finances sont ciblées sur les ménages aisés qui pourraient réduire le montant de leurs flux d’épargne. L’INSEE s’attend à une baisse du taux d’épargne des ménages à 18,2 % à la mi-année 2025 contre 18,4 % au quatrième trimestre 2024.
Les mesures concernant les entreprises pourraient aboutir à une réduction de leurs investissements de 2 %
Les services à la personne en France face au vieillissement démographique
En 2019, 3,9 millions de ménages ont recours aux services à la personne en France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion, soit 13,8 % de l’ensemble des ménages. Entre 2013 et 2019, le nombre de ménages utilisateurs de services à la personne a augmenté de 270 000. Ce recours croissant aux services à la personne est évidemment lié au vieillissement de la population. La hausse a été plus rapide que celle de l’ensemble des ménages (+7,5 % contre +4,5 %).
Dépense médiane des ménages en services à la personne : près de 1 500 euros par an
En 2019, en France métropolitaine, en Martinique et à La Réunion, la moitié des ménages utilisateurs ont dépensé plus de 1 430 euros (dépense médiane). Ces montants varient fortement d’un ménage à l’autre. Les 10 % des ménages qui dépensent le plus y consacrent 5 510 euros. Cette somme est 24 fois supérieure à celle des 10 % des ménages qui dépensent le moins.
Parmi les utilisateurs, la dépense médiane est nettement supérieure à la médiane nationale en Martinique (2 200 euros) et à La Réunion (2 430 euros), alors que le taux de recours y est faible. Plus le recours est répandu dans un territoire, moins l’usage est intensif. Si le taux de recours est nettement supérieur à la moyenne nationale en Bretagne, seule la moitié des ménages de cette région y consacre plus de 1 160 euros en 2019. Le recours est plus rare en Corse, mais la moitié des ménages concernés dépensent plus de 1 660 euros, et ce montant dépasse même 7 310 euros pour 10 % d’entre eux.
Dans les régions touristiques où la location saisonnière occupe une place importante, le recours aux services de ménage est élevé, ce qui peut expliquer les montants importants. Le niveau de revenus influe également sur les sommes versées dans le cadre des services à la personne. Ainsi, en Île-de-France, la dépense médiane est la plus élevée de l’Hexagone (2 240 euros). Tous les départements de cette région se situent au-dessus de la médiane nationale, alors que les taux de recours y sont très hétérogènes, avec des taux parmi les plus élevés de France (Paris, Hauts-de-Seine) et d’autres parmi les plus bas (Seine-Saint-Denis, Val-d’Oise). À Paris, le nombre élevé de retraités explique le recours plus fréquent qu’ailleurs aux services à la personne.
Parmi les 10 % de ménages les plus aisés, 40 % ont recours à ces services. Les montants dépensés suivent une tendance similaire. Le recours aux services à la personne ne se limite pas à satisfaire des besoins essentiels liés à une perte d’autonomie, mais répond aussi à une recherche de meilleur confort de vie ou d’une meilleure conciliation entre vie familiale et vie professionnelle. La garde d’enfants et le ménage sont les deux activités qui génèrent, au sein des grandes agglomérations, un volume important de travail pour les services à la personne.
Forte demande des services à la personne pour les ménages âgés
Les ménages dont la personne de référence a 80 ans ou plus se distinguent par un taux de recours très élevé (41 %). Ce recours est facilité par l’existence d’aides sociales pour le maintien à domicile des personnes âgées. Grâce à ces aides, 20 % des 10 % des ménages âgés les plus modestes ont recours aux services à la personne.
Un marché en forte augmentation d’ici 2050
Selon l’INSEE, d’ici 2050, le nombre de ménages utilisateurs devrait passer de 4,4 à 5,5 millions. La hausse pourrait donc atteindre 25 % entre 2019 et 2050. La demande serait portée par l’accroissement du nombre de ménages de plus de 80 ans.
La hausse du nombre de personnes de 80 ans ou plus serait le principal moteur de cette augmentation du recours. Dans le scénario central, ce facteur représente 85 % de l’effet total. L’augmentation de la population totale contribuerait à hauteur de 10 %, tandis que l’évolution de la structure des ménages jouerait pour 5 %, en lien avec le recul de la mise en couple à âge donné et du vieillissement de la population, qui augmentent la proportion de personnes vivant seules.
En 2019, 41 % des personnes âgées de 80 ans ou plus recourent aux services à la personne. Dans le scénario central retenu, la demande de services serait stimulée par l’augmentation de 3,6 millions de personnes dans cette tranche d’âge d’ici 2050. La proportion de ménages utilisateurs composés d’une personne seule augmenterait de 7 points d’ici 25 ans, atteignant 44 %. Ces ménages sont très consommateurs de services lorsqu’il s’agit de seniors isolés. À l’inverse, la part des couples dans l’ensemble des ménages utilisateurs reculerait de 8 points pour représenter 47 % de l’ensemble.
Avec la concentration des ménages âgés sur les littoraux, une hausse plus forte du recours aux services à la personne est attendue sur la façade atlantique et dans le Sud-Est. Du Morbihan aux Landes, la progression du recours aux services à la personne devrait atteindre 45 %. Elle se situerait entre 30 % et 48 % dans le Sud-Est. Les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes feraient figure d’exception, avec seulement 20 % de hausse. Dans ces départements, la population resterait en moyenne plus jeune, notamment dans les aires d’attraction des villes de Marseille et de Nice.
Du centre jusqu’au Nord-Est, la population diminuerait et ne vieillirait plus beaucoup. L’augmentation de la demande y serait faible, de l’ordre de 10 à 20 %. En Île-de-France, le taux de recours des ménages des départements situés au nord et à l’est de Paris progresserait de façon plus marquée que ceux du reste de la région. La population de ces départements amorcerait son vieillissement d’ici 2050, ce qui augmenterait la demande. À Paris, la stagnation de la demande serait due à la baisse de la population, qui compenserait son vieillissement.
D’ici 2050, les vingt départements les plus peuplés, comprenant de grandes agglomérations, contribueraient pour 50 % à la hausse du nombre de ménages utilisateurs. Dans les DOM, le nombre de ménages utilisateurs à La Réunion progresserait d’environ 33 %, porté par une forte augmentation du nombre de personnes âgées. En Martinique, la forte hausse du nombre de personnes de 80 ans ou plus (+141 %) limiterait l’effet de la baisse de la population (-33 %) sur le nombre de ménages utilisateurs, qui ne reculerait que de 3 %.
Un million de salariés dans le secteur des services à la personne
En France, en 2019, un peu plus d’un million de salariés travaillent dans les services à la personne, la plupart à temps partiel. L’activité du secteur représente environ 400 000 emplois en équivalent temps plein.
Compte tenu de l’évolution de la demande, la création nette de 100 000 emplois en équivalent temps plein sera nécessaire d’ici 2050, soit 300 000 salariés supplémentaires si les comportements de temps partiel restent constants. L’INSEE estime que cette projection pourrait être révisée à la hausse. Une méthode de prise en compte du vieillissement des ménages utilisateurs suggère que le besoin d’emplois additionnels atteindrait 170 000 équivalents temps plein, soit 500 000 salariés supplémentaires.
En plus de ces nouveaux recrutements, le secteur devra également faire face au renouvellement de 800 000 salariés qui y travaillent actuellement et qui auront plus de 65 ans d’ici 2050.
Le secteur des services à la personne se trouve à la croisée des chemins. Porté par le vieillissement de la population et l’évolution des modes de vie, il s’affirme comme un levier essentiel du bien-être des ménages, tout en constituant un enjeu économique et social majeur. L’essor de la demande, qui devrait progresser de 25 % d’ici 2050, pose la question de la capacité d’adaptation de l’offre. Face aux défis du recrutement et de la qualification des travailleurs, le secteur devra concilier attractivité des métiers et optimisation des dispositifs d’aide publique. Le système dépend en grande partie des aides des pouvoirs publics, réduction d’impôt, allocation personnalisée pour l’autonomie, etc. La montée en puissance des services à la personne pourrait rapidement être une source de tensions sur le plan des finances publiques. le coût pour les finances publiques de toutes les aides dont bénéficie ce secteur est évalué à plus de 8 milliards d’euros par la Cour des Comptes.
La France, championne de la désinflation !
Le taux d’inflation annuel de la zone euro s’est établi à 2,3 % en février 2025, contre 2,5 % en janvier. Un an auparavant, il était de 2,6 %. Le taux d’inflation annuel de l’Union européenne s’est établi à 2,7 % en février 2025, contre 2,8 % en janvier. Un an auparavant, il était de 2,8 %. Ces chiffres sont publiés par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne.
Les taux annuels les plus faibles ont été observés en France (0,9 %), en Irlande (1,4 %) et en Finlande (1,5 %). Les taux annuels les plus élevés ont quant à eux été enregistrés en Hongrie (5,7 %), en Roumanie (5,2 %) et en Estonie (5,1 %). Par rapport à janvier 2025, l’inflation annuelle a baissé dans quatorze États membres, est restée stable dans six et a augmenté dans sept autres.
En février 2025 les plus fortes contributions au taux d’inflation annuel de la zone euro provenaient des services (+1,66 points de pourcentage, pp), suivis de l’alimentation, alcool & tabac (+0,52 pp), des biens industriels hors énergie (+0,14 pp) et de l’énergie (+0,01 pp).