1 août 2025

Le coin de la conjoncture – croissance – inflation – emploi – Espagne

Petite croissance en zone euro au deuxième trimestre

Au cours du deuxième trimestre 2025, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 0,1 % dans la zone euro et de 0,2 % dans l’UE, par rapport au trimestre précédent, selon l’estimation rapide préliminaire publiée par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. Au cours du premier trimestre 2025, le PIB avait augmenté de 0,6 % dans la zone euro et de 0,5 % dans l’UE.

En comparaison avec le même trimestre de l’année précédente, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 1,4 % dans la zone euro et de 1,5 % dans l’UE au deuxième trimestre 2025, après +1,5 % dans la zone euro et +1,6 % dans l’UE au trimestre précédent.

Parmi les États membres pour lesquels les données pour le deuxième trimestre 2025 sont disponibles, l’Espagne (+0,7 %) a enregistré la hausse la plus importante par rapport au trimestre précédent, suivi du Portugal (+0,6 %) et de l’Estonie (+0,5 %). Des baisses ont été enregistrées en Irlande (-1,0 %), en Allemagne et en Italie (-0,1 % chacune). Les taux de croissance par rapport à l’année précédente ont été positifs pour tous les pays.

Cercle de l’Épargne – données Eurostat

Bonne surprise pour la croissance au deuxième trimestre en France

Le produit intérieur brut (PIB) a, en France, progressé de 0,3 % au deuxième trimestre, en volume après +0,1 % au premier trimestre. La demande intérieure finale (hors stocks) est stable. La consommation des ménages a progressé de 0,1 % après -0,3 % tandis que la formation brute de capital fixe a continué de reculer (-0,3 % après -0,1 %). La contribution du commerce extérieur à la croissance reste négative au deuxième trimestre (-0,2 point après -0,5 point). Les exportations ont augmenté ce trimestre de +0,2 % après -1,1 % tandis que les importations progressent de +0,8 % après +0,3 %. Les variations de stocks contribuent de nouveau positivement à l’évolution du PIB ce trimestre, +0,5 point après +0,7 point au premier trimestre 2025.

Cercle de l’Épargne – données INSEE

La production soutenue par les services

La production totale (biens et services) progresse de 0,2 % au deuxième trimestre 2025 comme au trimestre précédent. La production dans l’industrie manufacturière a faiblement augmenté ce trimestre de 0,1 % après 0,5 %. Elle a nettement reculé dans les raffineries, -10,6 % après -3,5 %) en raison à des arrêts pour réparation dans plusieurs sites de production entre avril et mai. Elle diminue également dans les industries agro-alimentaires (-2,0 % après +1,4 %). La production d’autres produits industriels décélère, +0,1 % après +0,3 %, en particulier de produits pharmaceutiques après un premier trimestre dynamique. En revanche, la production de matériels de transport accélère fortement ce trimestre (+4,8 % après +1,6 %), notamment dans l’aéronautique. La production d’automobiles augmente de nouveau, mais reste encore nettement inférieure à son niveau de fin 2023. Par ailleurs, la production d’électricité baisse ce trimestre, suivant le repli de la consommation en raison de températures clémentes.

La production de services marchands progresse au deuxième trimestre, +0,6 % après +0,3 % au trimestre précédent. En particulier, elle repart nettement à la hausse dans l’hébergement-restauration (+1,9 % après -0,4 %), ainsi que dans le commerce (+0,8 % après -0,2 %). L’activité augmente plus faiblement dans les services de transport (+0,1 % après -0,2 %) et accélère un peu dans les services aux entreprises (+0,7 % après +0,5 %). La production se stabilise dans la construction (+0,0 % après -0,4 %).

Une consommation atone

La consommation des ménages augmente de 0,1 % au deuxième trimestre 2025, après avoir reculé de 0,3 % au trimestre précédent). Les achats de biens rebondissent au deuxième trimestre (+0,1 % après -0,6 %), porté par un fort rebond de la consommation alimentaire (y compris tabac) (+1,7 % après -1,0 %). Cette hausse est imputable au positionnement des fêtes de Pâques fin avril et à une météo favorable en avril et mai. La consommation de tabac augmente par ailleurs partiellement, après sa forte baisse au trimestre précédent consécutive à la hausse des prix de janvier.

A contrario, la consommation d’énergie diminue de 2,4 % après une hausse de+0,8 %, en particulier de gaz et d’électricité en raison de températures clémentes pour la saison. La consommation en matériels de transport se stabilise (0,0 % après -3,9 %), pénalisée par le durcissement du malus écologique en mars, et la fin, en mai, de l’exonération de la taxe sur les certificats d’immatriculation pour les véhicules électriques.

La consommation des ménages en services augmente de +0,6 % après +0,3 %, tirée par le fort redressement dans l’hébergement-restauration après un premier trimestre dégradé (+2,4 % après -0,5 %). Par ailleurs, elle accélère dans les services de transport (+0,9 % après +0,4 %). Elle augmente modérément dans les services aux ménages (+0,2 % après -0,1 %).

L’investissement toujours en panne

La Formation Brute de Capital Fixe (FCBF) totale baisse à nouveau au deuxième trimestre 2025 (-0,3 % après -0,1 %). L’investissement en construction continue de reculer (-0,4 % après -1,0 %), de même que la FBCF en produits manufacturés (-0,9 % après 6 trimestres de baisse), tandis que l’investissement en services hors construction ralentit nettement (+0,4 % après +1,3 %).

L’investissement en produits manufacturés est pénalisé par le net recul de la FBCF en matériels de transport (-2,3 % après +0,8 %) et en autres produits manufacturés (-0,8 % après -2,1 %). À l’inverse, la FBCF en biens d’équipement rebondit (+0,6 % après -0,2 %). L’investissement en services hors construction est freiné par l’investissement en information-communication qui se replie (-0,3 % après +1,4 %), pour la première fois depuis 2020. La FBCF est toutefois soutenue par l’investissement en services immobiliers (+1,4 % après -0,4 %), suivant la remontée des transactions immobilières.

Emploi résilient en France

En moyenne au 2e trimestre 2025, le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à France Travail et tenus de rechercher un emploi (catégories A, B, C) s’établit, selon la DARES, à 5 612 100. Parmi eux, 3 212 400 sont sans emploi (catégorie A) et 2 399 700 exercent une activité réduite (catégories B, C).

Au 2e trimestre 2025, le nombre de personnes inscrites à France Travail qui ne sont ni en attente d’orientation ni en parcours social (catégories A, B, C, D, E) a reculé e de 2,2 % (-141 200) et augmente de 3,4 % sur un an. Le nombre de demandeurs d’emploi en catégories A, B, C baisse de 2,2 % sur le trimestre (-126 000) et augmente de 4,1 % sur un an. Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A diminue de 5,7 % (-195 700) ce trimestre et augmente de 6,6 % sur un an.

Sur un champ non affecté par l’inscription automatique de nouveaux publics, hors bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA) et jeunes en parcours contractualisé d’accompagnement vers l’emploi et l’autonomie (Pacea), en contrat d’engagement jeune (CEJ) ou en accompagnement intensif des jeunes (AIJ), le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A baisse de 3,9 % ce trimestre et croît de 6,0 % sur un an.

Malgré une conjoncture qui reste maussade, la situation de l’emploi ne se détériore pas massivement en France. Les entreprises restent prudentes sur la gestion de leur personne préférant ne pas licencier de peur de ne pas retrouver de main-d’œuvre disponible en cas de la hausse de la demande.

Cercle de l’Épargne – données DARES

Inflation toujours faible en France

Sur un an, selon l’estimation provisoire réalisée en fin de mois par l’INSEE, les prix à la consommation augmenteraient de 1,0 % en juillet, comme en juin. Les prix de l’énergie diminueraient à un rythme plus soutenu qu’au mois précédent en raison d’un effet de base sur les prix du gaz (ils avaient fortement augmenté en juillet 2024). Ceux des produits manufacturés baisseraient au même rythme qu’en juin. À l’inverse, les prix de l’alimentation et des services accéléreraient légèrement.

Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient de 0,2 % en juillet 2025, après +0,4 % en juin. Cette nouvelle augmentation des prix s’expliquerait par la hausse saisonnière des prix des services, notamment ceux des transports et de l’hébergement, et, dans une moindre mesure, par une augmentation des prix de l’énergie. À l’inverse, les prix des produits manufacturés baisseraient sur un mois en raison des soldes d’été. Les prix de l’alimentation et du tabac seraient stables sur un mois.

Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé augmenterait de 0,9 % en juillet 2025, comme en juin. Sur un mois, il augmenterait de 0,3 %, après +0,4 % le mois précédent.

Cercle de l’Épargne – données INSEE

Petite croissance en zone euro au deuxième trimestre 2025

Au cours du deuxième trimestre 2025, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté, selon Eurostat de 0,1 % dans la zone euro et de 0,2 % dans l’Union Européenne (UE), par rapport au trimestre précédent. Au cours du premier trimestre 2025, le PIB avait augmenté de 0,6 % dans la zone euro et de 0,5 % dans l’UE.

En comparaison avec le même trimestre de l’année précédente, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 1,4 % dans la zone euro et de 1,5 % dans l’UE au deuxième trimestre 2025, après +1,5 % dans la zone euro et +1,6 % dans l’UE au trimestre précédent.

L’Allemagne a enregistré une nouvelle contraction de son PIB au deuxième trimestre (0,1 %) toujours handicapée par les difficultés du secteur industriel avec la montée du protectionnisme et le maintien de prix d’énergie élevés. L’Espagne et le Portugal continuent de bénéficier d’une forte croissance grâce au dynamisme du tourisme et de l’agro-alimentaire.

Cercle de l’Épargne – données Eurostat

L’Espagne toujours en pointe

La croissance économique de l’Espagne s’est élevée au deuxième trimestre de 0,7 % au deuxième trimestre, selon une première estimation publiée ce mardi par l’Institut national des statistiques (INE). Ce résultat est supérieur aux prévisions de la Banque d’Espagne qui escomptait sur une croissance de 0,5 à 0,6 %. La croissance pour l’année devrait être de 2,5 % et de 2 % en 2026. En 2024, la croissance espagnole avait déjà atteint 3,2 % du PIB : un rythme de progression quatre fois supérieur à la moyenne de l’Union européenne.

Malgré les inondations qui avaient durement frappé la région de Valence, l’économie espagnole maintient un fort taux d’activité grâce au tourisme, aux exportations et à la consommation des ménages.

Au deuxième trimestre, la croissance espagnole a été portée par l’investissement des entreprises, avec une hausse de 2,1 %, et la consommation des ménages, qui a progressé de 0,8 %.

Malgré la guerre commerciale, les exportations ont progressé de 1,1 % au deuxième trimestre par rapport au trimestre précédent. Cependant, le commerce extérieur apporte une contribution négative en raison d’une accélération des importations (+1,7 %). L’Espagne ne devrait pas être pénalisée par la hausse des droits de douane. À peine 5 % des exportations espagnoles sont réalisées aux États-Unis. Le pays européen importe plus qu’il n’exporte aux États-Unis. Il est donc moins vulnérable à l’augmentation des tarifs douaniers à 15 % annoncée par Donald Trump.