2 septembre 2017

Le Coin des Epargnants du 2 septembre 2017

Le tableau économique et financier

 

  résultats

1er sept. 2017

évolution

sur 5 jours

résultats

31 décembre 2016

CAC 40 5 123,97 +0,38 % 4 862,31
Dow Jones 21 987,56 +0,80 % 19 762,60
Nasdaq 6 435,33 +2,71 % 5 383,12
Dax Allemand 12 142,64 -0,21 % 11 481,06
Footsie 7 438,50 +0,50 % 7 142,83
Euro Stoxx 50 3 443,88 +0,16 % 3 290,52
Nikkei 225 19 691,47 +1,23 % 19 114,37
Taux de l’OAT France à 10 ans (18 heures) 0,683 % -0,009 pt 0,687 %
Taux du Bund allemand à 10 ans (18 heures) 0,377 % -0,002 pt 0,208 %
Taux du Trésor US à 10 ans (18 heures) 2,139 % -0,032 pt 2,454 %
Cours de l’euro / dollars

(18 heures)

1.1887 -0,27 % 1,0540
Cours de l’once d’or en dollars (18 heures) 1 324,120 +2,54 % 1 154,570
Cours du baril de pétrole Brent en dollars (18 heures) 52,625 +0,54 % 56,620

 

Fontes des indices en août 

L’été aura été financièrement calme malgré les tensions diplomatiques provoquées par la Corée du Nord. Malgré tout, depuis deux mois, les marchés sont sur une pente glissante. Si la pente est faible, elle n’en est pas moins certaine. Les marchés sont en baisse depuis le mois de mai. Les gains sur les places européennes ont été divisés par deux. Ainsi du 30 mai au 31 août, la progression du CAC 40 a été ramenée de 8,7 à 4,6 %. Les effets de change expliquent une partie de ce recul, l’euro s’étant apprécié de 9 % depuis le début du mois de mai. La valeur exprimée en dollars des titres cotés en Europe ne diminue donc pas.

 

Résultats du mois d’août

 

CAC au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

5 085,59

-0,89 %

+4,59 %

DAXX au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

12 055,84

-0,88 %

+5,01 %

Footsie au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

7 430,62

+0,84 %

+4,03 %

Euro Stoxx au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

3 421,47

-1,33 %

+3,98 %

Dow Jones au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

21 953,53 

+0,56 %

+11,89 %

Nasdaq au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

6 428,35

+0,84 %

+19,42 %

Nikkei au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

19 646,24

-1,57 %

+2,78 %

Parité au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

1,1885

+1,14 %

+12,99 %

Once d’or au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

1 318,200

+3,89 %

+14,42 %

Pétrole de Brent au 31 août 2017

Évolution en août

Évolution depuis le 1er janvier

52,560

+0,55 %

-07,55 %

 

Des marchés en attente de signaux monétaires

Ces dernières semaines, les banquiers centraux sont assez avares en propos sur le cours qu’ils entendent donner à la politique monétaire dans les prochains mois. Une simple rumeur sur le report au mois de décembre de l’annonce, par la BCE, de son plan de sortie du « Quantitative Easing » a suffi, vendredi, pour pousser les actions européennes à la hausse et pour entraîner un repli de l’euro. Sur l’ensemble de la semaine, les places européennes ont continué à faire du surplace hésitant sur la direction à prendre, évoluant au gré des résultats en dents de scie des États-Unis (voir en-dessous). Au-delà des rumeurs, d’ici à quelques semaines, la situation devrait se clarifier. A l’occasion de sa réunion de septembre, la FED pourrait préciser ses intentions sur la réduction de son bilan et sur une éventuelle nouvelle hausse de taux. De son côté, la BCE devrait certainement indiquer les modalités de sortie du « Quantitative Easing » en octobre ou en novembre. Certains considèrent qu’elle pourrait reculer de quelques mois la fin de rachats d’actifs.

 

Des actionnaires choyés !

Après des années de disette et d’augmentation des impôts, les actionnaires pourraient apprécier le cru 2018. En effet, le Gouvernement a confirmé la suppression de l’ISF pour les valeurs mobilières et l’introduction de l’Imposition Forfaitaire Unique (IFU) pour les revenus de ces mêmes valeurs. Pour les épargnants assujettis au taux marginal de l’impôt sur le revenu le plus élevé, la baisse pourrait atteindre plus de 20 points. Par ailleurs, les profits des entreprises du CAC 40 sont en net progrès : + 23,55 %, à 50,24 milliards d’euros, au 1er semestre. Ces résultats sont la conséquence d’une augmentation des chiffres d’affaires et des marges. Sur les six premiers mois de l’année, les valeurs du CAC 40 ont accumulé plus de bénéfices que sur l’ensemble de l’année 2013 ou 2009 et presque autant qu’en 2015. Les profits de 2017 pourraient être proches de leur record de 2007 qui était de 96 milliards d’euros.

 

Les marchés face à l’euro « fort »

 

Mardi 29 août, l’euro a franchi la barre symbolique de 1,20 dollar avant de se stabiliser autour de 1,18/1,19. Cette appréciation de 13 % depuis le début de l’année est vécue par certains comme une menace pour la croissance européenne ; pour d’autres, elle serait la preuve d’un dysfonctionnement du système monétaire. Mais cette appréciation est-elle aussi irrationnelle ?

Sa baisse par rapport au dollar était, en partie, artificielle. Elle a été provoquée par la mise en œuvre par la Banque Centrale Européenne du « Quantitative Easing » au moment même où la FED y mettait un terme. Elle était aussi la conséquence de la mauvaise passe conjoncturelle que traversait la zone euro. En effet, entre 2012 et 2014, cette dernière a connu la plus longue récession de son histoire quand, dans le même temps, les États-Unis renouaient avec la croissance et la baisse du chômage.

 

Avec la reprise, avec l’amélioration progressive du marché de l’emploi, avec la fin programmée des rachats d’actifs par la BCE, tout concourt à l’appréciation de la monnaie unique. L’euro continue à engranger de solides excédents au niveau de sa balance commerciale. La levée des hypothèques politiques sur un certain nombre d’États européens contribue également à renforcer l’euro. Les législatives en Allemagne, fin septembre, ne présentent pas un enjeu pour les marchés et les risques de l’arrivée au pouvoir du parti « 5 étoiles » en Italie s’éloignent.

En parallèle, la situation américaine se tend en raison d’une présidence chaotique, de menaces géopolitiques (Corée du Nord), d’un ralentissement économique attendu à défaut d’être réel et d’un déficit commercial qui s’accroît.

Cette appréciation est un juste retour à la normale sur le plan des grandes zones économiques que sont les États-Unis et l’Europe. A Jackson Hole, le silence de Mario Draghi sur l’évolution du cours de la monnaie commune a pu favoriser sa hausse.

La question est de savoir si le rééquilibrage en cours est amené à se poursuivre ou s’il arrive à son terme. Il dépend non seulement de la force et de la pérennité de la reprise de l’économie européenne mais aussi de la politique de la banque centrale américaine. Si elle différait la prochaine augmentation de ses taux d’intérêt au mois de décembre, voire au mois de janvier 2018, cela pourrait être interprété comme une prise en compte d’un éventuel ralentissement de l’économie américaine. Dans ces conditions, cela pourrait dans un premier temps favoriser l’euro. Dans un second, cela pourrait déboucher sur une stabilisation des taux de change, les investisseurs préférant une politique monétaire accommodante à une politique de relèvement des taux.

Quels sont les conséquences de cette appréciation de l’euro ? L’augmentation des prix des exportations doit être relativisée. Les pays de l’Union européenne commercent essentiellement entre eux. La France réalise plus de 60 % de ses exportations au sein de l’Union. Elles ne sont donc pas affectées par les variations de change. Pour les 40 % restant, il s’agit essentiellement d’exportations réalisées par des grands groupes habitués à gérer des risques de change. Ces entreprises bénéficient de gains générés par le moindre coût de leurs importations qui ont eu tendance à croître ces vingt dernières années avec l’éclatement des chaînes de production. L’Allemagne a construit son modèle économique sur la base d’un mark fort afin de réduire le poids de ses importations, de valoriser au mieux ses exportations et de se spécialiser sur le haut de gamme.