18 février 2017

Le Coin des tendances du 18 février 2017

Les services à la personne ne feraient-ils plus recette ?

L’effectif total des services à la personne était, en 2015, de 1,23 million d’actifs. 863 millions d’heures ont été rémunérées dans le cadre de ses activités. En 2015, pour la cinquième année consécutive, l’activité dans le secteur des services à la personne a reculé de 1,6 % après -1,2 % en 2014. Ce secteur est en proie depuis quelques années à un déclin qui s’explique par le durcissement du régime d’autoentrepreneur désormais appelé micro-entrepreneur, par l’alourdissement des charges sociales et par la stagnation des revenus.

Le recours aux services à la personne recouvre plusieurs formes. Le particulier peut soit employer une personne soit en direct soit par le biais d’une structure mandataire qui se charge des formalités administratives. Il peut également acheter une prestation auprès d’un organisme ou d’une société. Dans le premier cas, il exerce une responsabilité pleine et entière d’employeur, dans le second cas, le particulier est alors client de l’organisme qui lui facture la prestation.

 

En 2015, les heures rémunérées par les particuliers employeurs ont diminué de 3,3 %. Elles avaient déjà reculé de 2,5 % en 2014. De ce fait, les emplois à personne dépendant directement des particuliers employeurs se sont contractés de 2,5 % en 2015 abaissant leur nombre à 915 000. Même s’il est en recul récurrent depuis 5 ans, l’emploi d’intervenants par des particuliers employeurs représentait, en 2015, 57 % des heures rémunérées de services à la personne et reste le mode de recrutement prédominant.

Cette baisse a été en partie compensée par la hausse continue de l’activité prestataire (+0,8 % après +0,7 % en 2014). Les organismes prestataires emploient de leur côté plus de 415 000 intervenants (+0,3 %). En 2015, 371 millions d’heures d’intervention ont été rémunérées par les organismes prestataires.

Près de 3 organismes prestataires sur 4 sont des entreprises privées (micro-entrepreneurs compris). Leurs heures d’intervention à domicile continuent de croître en 2015 (+7,4 %). Elles ont assuré 126 millions d’heures rémunérées. En 2015, 19 480 entreprises privées exerçaient une activité de services à la personne. En leur sein, 7 920 sont des microentreprises. La part de marché des entreprises privées est passée, de 2014 à 2015, de 32 % à 34 %. L’activité des micro-entrepreneurs augmente également même si son poids demeure très faible (1 % des heures prestataires.

À l’inverse, l’activité des autres organismes prestataires (associations et organismes publics) diminue encore de 2,2 %. Les particuliers par simplification ont de plus en plus recours à des sociétés pour les activités de ménages, le soutien scolaire ou pour le jardinage.

L’activité prestataire reste néanmoins majoritairement assurée par les associations. Elles représentent 56 % des heures rémunérées mais leur part a baissé, en 2015, de 1,6 point. Celle des organismes publics reste relativement stable avec 10 % des heures rémunérées.).

Un intervenant des services à la personne effectue en moyenne 180 heures par trimestre. Cette durée est stable depuis 2010. Un intervenant travaillant pour un ou plusieurs organismes prestataires effectue davantage d’heures qu’un salarié employé par un ou plusieurs particuliers. 216 heures en moyenne sont effectuées par les intervenants des organismes prestataires (l’équivalent de 17 heures par semaine) contre 131 heures par les salariés de particuliers employeurs (10 heures par semaine).

L’aide aux personnes dépendantes est de plus en plus prise en charge par les entreprises privées. Les heures rémunérées en mode prestataire sont pour 62 % d’entre elles des heures d’aide aux personnes âgées et/ou handicapées. Les activités réalisées diffèrent selon le type d’organismes. Les associations et les organismes publics fournissent essentiellement des prestations d’aide aux personnes âgées (près de 60 % de leur activité) et de ménage et de repassage (entre 23 et 31 % en 2015). Toutefois, la part qu’ils consacrent à l’aide aux personnes âgées a baissé (-8,8 points en 5 ans pour les organismes publics).

L’activité des entreprises privées prestataires (hors micro-entrepreneurs) est plus diversifiée. Le petit jardinage et le bricolage (11 %) et la garde d’enfants (11 %) y occupent une place plus importante.

Les micro-entrepreneurs prestataires se spécialisent essentiellement dans le ménage et le repassage (38 %), le petit jardinage et le bricolage (28 %). Les cours à domicile et le soutien scolaire représentent 23 % de leur activité et se développent au cours des cinq dernières années.

Les particuliers employeurs sont de moins en moins nombreux. Au 2e trimestre 2015, les particuliers employeurs étaient un peu moins de 2 millions, en baisse de 1,6 % par rapport au 2e trimestre 2014 et de 8,8 % par rapport au 2e trimestre 2010. Les particuliers ont payé 492 millions d’heures aux intervenants qu’ils emploient à leur domicile. L’augmentation des charges sociales en 2012 a contribué à réduire le nombre d’employeurs. Le statut d’autoentrepreneur puis de microentreprise s’impose comme un moyen facile de recourir à un intervenant extérieur sans les contraintes du salariat. La mise en place de la retenue à la source pourrait accélérer cette évolution du marché. Il est à souligner que l’organisme CESU (Chèque Emploi Service Universel) simplifie les déclarations des employeurs en gérant l’aspect social et fiscal de l’emploi d’une personne à domicile.

La majorité des heures rémunérées par les particuliers employeurs en 2015 a concerné des emplois familiaux (69 %) qui correspondent essentiellement à des employés de maison et personnels de ménage. 19 % des heures rémunérées concernent l’aide à domicile et 12 % la garde de jeunes enfants. Le nombre moyen d’heures rémunérées à un intervenant par un particulier est nettement plus élevé pour les gardes de jeunes enfants, avec 190 heures (15 heures par semaine), que pour les emplois de maison et les autres emplois familiaux avec 59 heures (5 heures par semaine).

Dans le prolongement des années précédentes, l’activité mandataire baisse de 9,6 % en 2015 (-11,6 % en 2014) et représente 54 millions d’heures de travail rémunérées. Au sein de l’emploi par des particuliers, la part des heures rémunérées via des organismes mandataires passe de 12 % à 11 % en 2015, après avoir atteint 17 % en 2009. Le soutien scolaire et les cours à domicile sont une spécificité du mode mandataire. Les entreprises privées y consacrent 29 % de leur activité mandataire (contre 0,7 % en mode prestataire).

Les emplois à domicile reculent donc en France du moins de manière légale. Le recours à des sociétés s’inscrit dans l’évolution du marché du travail et n’est pas sans poser le problème de la protection sociale des personnes travaillant à domicile. En effet, le développement de la microentreprise peut amener une moindre couverture des intéressés.

 Déséquilibres démographiques, déséquilibres géographiques

La planète compte 7,5 milliards d’habitants qui se concentrent de plus en plus dans des grandes agglomérations se situant à proximité d’un rivage. Si aujourd’hui près de la moitié de la population vit en ville, ce ratio dépassera 66 % en 2050. De 2014 à 2030, le nombre d’agglomérations comptant plus de 10 millions d’habitants passera de 28 à 41 quand celle de 5 à 10 millions passera de 43 à 63.

D’ici 2035, 50 % des habitants de la planète résideront dans des zones très proches du niveau de la mer et donc susceptibles d’être inondées par la montée de la mer. Cela concerne en premier lieu l’Asie et l’Afrique. Des agglomérations comme Bangkok ou Hô-Chi-Minh-Ville s’enfoncent progressivement du fait d’une utilisation de la nappe phréatique, des extractions abusives et de la sismologie naturelle.

Ces vingt dernières années, la forte croissance démographique, dans certaines zones, en Afrique et en Asie essentiellement, provoque une amplification des mouvements migratoires. En 2015, le nombre de migrants internationaux a été évalué à 244 millions ce qui constitue un record. Dans le monde 1 personne sur 112 est un réfugié. Les jeunes actifs vivant dans des régions surpeuplées ou exposées à des conflits politiques, religieux ou ethniques émigrent. La plus grande partie d’entre eux optent pour les Etats voisins de celui où ils sont nés ; une minorité tente de se rendre dans les pays plus lointains.

Au sein des pays émergents et en développement, l’écart entre le nombre d’hommes et de femmes tend à s’accroître. Cela crée des tensions de plus en plus forte et conduit également à l’émigration des jeunes actifs. Ce déséquilibre est net dans les pays du Moyen-Orient et en Asie de l’Est. Il est la conséquence d’avortements sélectifs, d’infanticides et de mauvais traitement infligés aux femmes.

Face à ces évolutions démographiques qui se feront sentir durant une vingtaine d’années, les pays avancés semblent vouloir mettre un terme à leur politique de relative ouverture qui avait cours depuis 70 ans. Cette tentation du repli qui vaut tant pour l’Europe que pour les Etats-Unis n’est pas sans conséquence sur un plan économique, social et géostratégique. Dans le passé, les Etats, les Empires qui se sont repliés ont toujours perdu. La Chine, du 15e au 20e siècle, sous des formes diverses, avait opté pour l’autarcie avec à la clef un long déclin. Ce fut le cas de Rome sous l’Antiquité. Compte tenu du vieillissement de la population occidentale, la question ne devrait pas être centrée sur la limitation de l’immigration mais sur les moyens de faciliter l’intégration d’un grand nombre de personnes.

 

Marché publicitaire : la télévision n’est plus la première

Selon les résultats de la 17e édition de l’Observatoire de l’e-pub, pour la première fois, en 2016, le chiffre d’affaires de la publicité digitale dépasse celui de la publicité télévisuelle. Il a atteint 3,5 milliards d’euros et a progressé de 7 % en un an. Il représente 29,6 % du marché publicitaire contre 29,1 % pour la télévision.

Tous les segments de la publicité digitale sont en hausse. Le « search » (publicité via les moteurs de recherche) a progressé de 4,3 % et représente 55 % du marché global avec un chiffre d’affaires net de 1,893 milliards d’euros. Le « display » (bannières en vidéo) est en hausse de 14,5 % et représente 35 % du marché global avec un chiffre d’affaires net de 1,204 milliard d’euros. La croissance du display est uniquement portée par les réseaux sociaux qui en représentent désormais 38 %. 41 % des dépenses digitales sont désormais allouées au téléphone mobile (« search » et « display »).

Les grands gagnants de la publicité digitale sont Google et Facebook. La publicité via les moteurs de recherche (le « search ») et les réseaux sociaux représentent 68 % du marché de la pub et 86 % de la croissance. Cette mutation du marché publicitaire pose à terme la question de la pérennité de la presse papier qui attire de moins en moins les publicitaires. Le fait que les grands fournisseurs d’accès proposent des abonnements permettant de lire en illimité ou presque de très nombreux titres de la presse devrait aboutir à une raréfaction du nombre de lecteurs « papier ». Pour de plus en plus de personnes, l’accès à la presse s’effectue via les réseaux sociaux, Facebook, Twitter, Linkedin ou via les moteurs de recherche, Google, Yahoo, Microsoft. La radio est également un média menacé en tant que tel. Pour faire face à la raréfaction des recettes publicitaires, les médias traditionnels s’agrègent au sein de groupes multicanaux leur permettant d’accéder au digital via des portails à forte fréquentation : SFR – Numéricâble, groupe le Figaro, Lagardère-Europe 1, M6-RTL….