21 août 2026

tendances – Chine – bébé – pétrole

À la fin de l’année dernière, les New-Yorkais ont pu découvrir  dans le métro une série de publicités surprenantes avec comme slogan : « ayez le meilleur bébé possible ». Elles vantaient l’idée d’avoir des bébés intelligents. Ces publicités qui suscité la controverse ont été diffusées par la start up Nucleus, spécialisée dans le dépistage embryonnaire. Son PDG a indiqué que le produit de dépistage est destiné au grand public et de ce fait pour le sensibiliser il n’y avait mailleur vecteur que le métro.

Nucleus est une des start-up de la Silicon Valley qui cherchent à développer une technologie de sélection des embryons. Noor Siddiqui, responsable d’Orchid, une entreprise concurrente, aime à dire, « le sexe, c’est pour le plaisir ; le dépistage embryonnaire, c’est pour faire des bébés. » Herasight, autre entreprise agissant dans ce secteur, a commencé l’année dernière à proposer un service permettant aux parents d’examiner le risque pour un embryon de développer différentes maladies, mais également d’obtenir des estimations concernant sa taille, son intelligence et sa longévité pour un prix pouvant atteindre 50 000 dollars. Nucleus y ajoute la couleur des cheveux et celle des yeux. Cette industrie naissante ambitionne ainsi de transformer la manière dont les êtres humains sont conçus et sélectionnés. Autrefois, les familles recherchaient les meilleurs partis pour leurs enfants, désormais, c’est la science qui permet de faire une sélection bien plus fine.

Dans de nombreux pays, notamment au Royaume-Uni ou en France, sélectionner des embryons en fonction du sexe est illégal, a fortiori lorsqu’il s’agit de pathologies polygéniques comme l’hypertension ou de caractéristiques physiques telles que la taille. De nombreux généticiens et organisations médicales doutent par ailleurs de l’efficacité réelle de ces technologies. D’autres les jugent contraires à l’éthique. Pourtant, les capitaux affluent vers la recherche sur la fertilité, laissant entrevoir des progrès potentiellement rapides en matière de tests génétiques. Le dépistage polygénique, notamment pour les maladies courantes, bénéficie d’un accueil favorable aux États-Unis. Près des trois quarts des Américains déclarent qu’ils y auraient recours s’ils suivaient déjà une fécondation in vitro (FIV). Une bataille se profile donc autour de l’avenir de ces technologies — et des entreprises qui les commercialisent. Les Occidentaux qui ont de moins en moins d’enfants souhaitent que ces derniers aient toutes les chances de leur côté. Ce qui est rare n’a pas de prix et, surtout, le droit à l’erreur n’est pas admis.

Pour le moment, seule une faible proportion des enfants naissent grâce à une FIV, indispensable au dépistage embryonnaire. En 2024, dernière année pour laquelle des données sont disponibles, 100 000 bébés américains sont nés grâce à cette technique, soit 2,8 % du total des naissances. En France, cela concerne plus de 20 000 naissances par an. David Sable, investisseur et ancien endocrinologue spécialiste de la reproduction, indique que le marché mondial de la fertilité est généralement estimé entre 25 et 30 milliards de dollars par an. L’intérêt de la Silicon Valley pour la fertilité pourrait cependant contribuer à démocratiser l’accès à la FIV. Il y a quelques années, Peter Thiel et Elon Musk ont commencé à présenter la faiblesse de la natalité comme une menace pour les États-Unis et à investir dans des start-up spécialisées dans la fertilité. D’autres investisseurs leur ont emboîté le pas. Aux États-Unis, les investissements en capital-risque dans les entreprises du secteur ont presque doublé entre 2019 et 2022, passant de 254 à 496 millions de dollars. Plusieurs start-up cherchent  réduire le coût de la FIV. Aux Etats-Unis, le remboursement varie en fonction des Etats. Seuls quinze imposent que ce traitement soit inclus dans les prestations de maternité couvertes par les assurances santé, ce qui signifie que la plupart des Américains doivent le financer eux-mêmes. En France, la Sécurité sociale prend en charge les FIV pour un coût annuel de plus de 500 millions d’euros.

Si la FIV devenait plus accessible, le marché pourrait atteindre 400 à 500 milliards de dollars par an. Actuellement, un seul cycle de FIV coûte entre 15 000 et 20 000 dollars aux États-Unis ou en France. Selon lui, les prix devraient diminuer grâce aux innovations technologiques susceptibles d’améliorer les taux de réussite et donc de réduire le nombre de cycles nécessaires. L’automatisation, les économies d’échelle et une plus grande standardisation devraient également contribuer à réduire les coûts. Certains dépistages sont déjà courants chez les personnes ayant recours à la FIV. Le PGT-A, par exemple, vérifie que les embryons possèdent le nombre adéquat de chromosomes . Certaines études affirment qu’il réduit le risque de fausse couche, même si de nombreux spécialistes restent sceptiques. Certaines cliniques proposent également le PGT-M, qui recherche les maladies provoquées par un seul gène, comme la mucoviscidose ou la maladie de Huntington. En France, les examens autorisés avant la naissance permettent de dépister ou de diagnostiquer certaines anomalies chromosomiques et maladies génétiques. Le dispositif repose sur un dépistage proposé au cours de la grossesse et sur des analyses génétiques ciblées lorsqu’un risque particulier est identifié. Le dépistage de la trisomie 21 constitue l’examen le plus largement proposé. Au premier trimestre de la grossesse, le risque est évalué à partir de plusieurs éléments : l’âge de la mère, la mesure de la clarté nucale lors de l’échographie et le dosage de marqueurs sanguins maternels. En fonction du niveau de risque obtenu, un dépistage prénatal non invasif (DPNI) peut être proposé. Réalisé à partir d’une simple prise de sang de la mère, celui-ci analyse des fragments d’ADN provenant du placenta circulant dans le sang maternel. Il permet notamment de rechercher avec une grande fiabilité la trisomie 21. Il demeure néanmoins un examen de dépistage : un résultat positif doit être confirmé par un examen diagnostique.

Quand une anomalie est suspectée à l’échographie ou lors des dépistages, ou quand il existe un risque génétique familial, des examens diagnostiques peuvent être réalisés à partir de cellules fœtales. Celles-ci sont obtenues par biopsie du trophoblaste, généralement au premier trimestre, ou par amniocentèse, plus tardivement. Elles permettent d’établir un caryotype afin de rechercher des anomalies du nombre ou de la structure des chromosomes, notamment les trisomies 21, 18 et 13. Selon la situation, des analyses génétiques plus fines peuvent également être pratiquées. Une autre possibilité existe avant même le début de la grossesse : le diagnostic préimplantatoire (DPI). Cette technique concerne certains couples présentant un risque élevé de transmettre une maladie génétique d’une particulière gravité. Une fécondation in vitro est réalisée afin d’obtenir plusieurs embryons. Quelques cellules de ces embryons sont ensuite analysées avant leur transfert dans l’utérus. Le DPI permet ainsi de sélectionner pour le transfert un embryon qui n’est pas porteur de l’anomalie génétique recherchée dans le cadre de l’indication médicale retenue. 

La France a fait le choix d’un encadrement strict de ces pratiques. Le DPI ne constitue pas un dépistage génétique généralisé des embryons issus d’une FIV. Il répond à des indications médicales précises et est réalisé dans un nombre limité de centres autorisés. De même, pendant la grossesse, les analyses génétiques les plus poussées ne sont pas systématiques. Elles sont prescrites en fonction du risque individuel, des antécédents familiaux ou des anomalies détectées lors des examens prénataux.

Aux Etats-Unis, les start-up ajoutent désormais un troisième type de dépistage : le PGT-P, qui attribue aux embryons des scores concernant des maladies et des caractéristiques déterminées par plusieurs gènes. Ceux-ci peuvent potentiellement concerner certains cancers, mais aussi la couleur des yeux ou le QI. Une enquête publiée en 2023 dans Science révélait que 43 % des Américaines ayant recours à la FIV utiliseraient le dépistage polygénique pour augmenter les chances de leur enfant d’intégrer une université prestigieuse, à condition que la technique soit sûre et gratuite. Un tiers se déclarait également favorable, dans les mêmes conditions, à l’édition génétique.

Pour l’instant, les démarches de sélection demeurent exceptionnelle. Des start-up comme Herasight s’adressent à une population réduite, généralement très fortunée et essentiellement américaine. L’intelligence artificielle en utilisant de vastes banques de données pourraient démocratiser les techniques de sélection. Des chercheurs estiment néanmoins que les bénéfices du dépistage embryonnaire sont exagérés. Selon une étude publiée dans Cell en 2019, avec les technologies disponibles à l’époque, si des parents pouvaient choisir parmi dix embryons viables, le gain médian attendu en matière de taille serait de 2,9 centimètres. En sélectionnant sur le QI, le gain ne serait que de trois points, une différence peu susceptible de bouleverser une existence. Selon l’université d’Oxford,  pour de nombreuses maladies, les facteurs environnementaux, notamment l’alimentation, jouent un rôle plus important que les gènes. La sélection visant à éliminer certaines caractéristiques pourrait également produire des conséquences inattendues. Un même matériel génétique peut avoir des effets différents selon les parties de l’organisme, phénomène appelé pléiotropie. En choisissant un embryon afin de réduire le risque d’une maladie donnée, les parents pourraient ainsi négliger, voire aggraver, d’autres risques de maladies.

Si les problèmes technologiques finissent par être résolus, les problèmes éthiques, demeureront. Certains opposants redoutent que ces start-up fassent la promotion d’une version plus acceptable de l’eugénisme. D’autres craignent que l’étape suivante soit la modification génétique des embryons, pratique qui fait l’objet aux États-Unis d’une interdiction depuis 2016. Les acteurs du secteur rejettent ces inquiétudes. Les futurs parents pratiquent déjà une forme de sélection génétique quand ils choisissent leur partenaire. La sélection technologique ne fait que se substituer à celle fruit des réseaux. Les mariages consanguins ont été interdits justement pour éviter certaines maladies. Les techniques liées à la fertilité comme la FIV ont toujours été contestées avant d’être admises par le grand public. Il en sera peut être de même pour la sélection des meilleures gènes

La Chine : le nouveau parrain du marché pétrolier ?

La guerre en Iran a provoqué un des  plus importants chocs d’offre de l’histoire du pétrole qui n’a néanmoins pas permis au baril de pétrole de battre son  niveau record qui demeure  147,50 dollars le baril, atteint en séance le 11 juillet 2008 à Londres. Ce sommet est intervenu avant la grande crise financière. Plusieurs facteurs avaient contribué alors à ce record : forte croissance de la demande mondiale, notamment chinoise, tensions sur les capacités de production, inquiétudes géopolitiques concernant l’Iran et le Nigeria et faiblesse du dollar. En 2026, malgré la guerre avec l’Iran et les perturbations du détroit d’Ormuz, le Brent a culminé autour de 126 dollars.

Le cours du pétrole ne s’est pas emballé au cours de la guerre au Moyen Orien, malgré le blocage du détroit d’Ormuz en raison des décisions prises par les  pétromonarchies d’Abou Dhabi et de Riyad qui ont acheminé 5 millions de barils supplémentaires par jour à travers des oléoducs. Les pays occidentaux ont en parallèle puisé dans leurs réserves stratégiques. Le 11 mars 2026, les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé collectivement de mettre 400 millions de barils de pétrole et de produits pétroliers sur le marché. C’est plus forte mobilisation de stocks d’urgence de l’histoire de l’AIE, devant celles de 2022 consécutives à l’invasion de l’Ukraine.  Les États-Unis ont fourni la contribution la plus importante (172 millions de barils, prélevés sur la Strategic Petroleum Reserve). Le Département américain de l’Énergie avait prévu d’étaler les livraisons sur environ 120 jours. Les 228 millions de barils restants proviennent des autres membres de l’AIE, notamment du Japon, de la Corée du Sud et des pays européens. L’effort est réparti entre les États en fonction notamment de leur poids dans la consommation pétrolière de l’AIE. Malgré cette décision, au 13 août 2026, l’AIE considère que ses membres disposent encore de stocks d’urgence importants. Après la mobilisation de mars, ils conservent notamment plus d’un milliard de barils sous contrôle gouvernemental. En outre, Pékin a réduit de moitié ses importations de pétrole brut entre février et juin, soit une diminution de 5,5 millions de barils par jour. Selon les experts, cette contraction aurait permis de réduire de 30 dollars ou davantage le prix du Brent, la référence mondiale. C’est plus de la moitié de la baisse de la demande mondiale enregistrée pendant les confinements liés au Covid-19, lorsque celle-ci avait chuté de 9 millions de barils par jour.

Le premier importateur mondial de pétrole a la capacité en fonction de l’évolution de sa demande et de ses besoins d(agir sur les prix. Son influence est désormais supérieur à l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et de ses alliés. Celle-ci ne dispose plus du pouvoir de faire le marché, la meilleure preuve en a été fournie par le départ des Emirats Arabes Unis de l’organisation. Depuis quatre décennies, l’OPEP s’efforce de maintenir les prix à un niveau élevé en imposant des quotas de production. Les pays importateurs ne peuvent, à l’inverse, maintenir les prix à un niveau bas en rationnant leur demande. Les acheteurs sont en effet beaucoup plus dispersés que les vendeurs et la consommation intérieure d’énergie résulte des décisions prises par une multitude d’agents économiques. Contrairement à l’OPEP+, dont les décisions nécessitent l’accord de 21 pays, la Chine peut agir unilatéralement sur ordre d’un seul homme ou presque, le président Xi Jinping. La Chine est devenue ainsi un acteur redoutable du marché du pétrole. Elle a su ces dernières années faire preuve d’opportunisme. Elle a constitué des stocks importants. En 2025, la Chine a profité des prix faibles du baril pour acheter 200 millions de barils, venant compléter des réserves évaluées à un milliard de barils. Selon les négociants, ces achats chinois auraient pu ajouter entre 10 et 20 dollars au prix mondial du baril avant le déclenchement de la guerre en Iran. Sur les 11,6 millions de barils par jour importés par la Chine en février, jusqu’à 1 million correspondaient à des achats excédentaires auxquels elle pouvait ensuite renoncer simplement en ralentissant la constitution de ses stocks. A partir du mois  d’avril, la Chine a commencé à puiser dans ses réserves abondantes. En juillet, ses stocks avaient diminué de 70 millions de barils. Par ailleurs, la Chine aurait constitué des réserves non publiées. Le pays a multiplié ces dernières années les installations de stockage flottantes ou dans des cavités souterraines non déclarées. En les intégrant, la Chine aurait puisé environ 150 millions de barils en trois mois, soit quelque 1,5 million de barils par jour. En additionnant le million de barils par jour qui n’est plus destiné à accroître les stocks et les 1,5 million de barils quotidiennement prélevés dans les réserves, la gestion des stocks expliquerait environ 2,5 millions des 5,5 millions de barils par jour de baisse des importations chinoises. La  Chine aurait la possibilité de poursuivre cette stratégie pendant encore quatre mois avant que les autorités de Pékin commencent à s’inquiéter du niveau des réserves. Le deuxième levier dont disposent les autorités chinoises réside dans le contrôle des exportations.  Deuxième raffineur mondial de pétrole, la Chine est habituellement un fournisseur important de carburants pour ses partenaires asiatiques. En mars, le gouvernement a cependant ordonné aux raffineurs nationaux de cesser de signer de nouveaux contrats d’exportation et d’annuler une partie importante des contrats déjà conclus.  Entre février et avril, les exportations chinoises de produits raffinés ont presque été divisées par deux, tombant à 430 000 barils par jour. Cette diminution comprenait notamment 180 000 barils par jour de carburéacteur hautement raffiné, ce qui aurait permis aux raffineries chinoises d’économiser entre 1,2 et 1,8 million de barils de brut par jour.  Limiter les ventes à l’étranger permet à la Chine de consacrer une plus grande partie de sa production raffinée à son marché intérieur. Cela permet également aux raffineurs d’utiliser une partie du pétrole brut normalement transformé en produits destinés à l’exportation pour fabriquer d’autres produits jugés essentiels, dont certains sont habituellement importés du Golfe. Le naphta et le gaz de pétrole liquéfié (GPL), deux matières premières utilisées par la pétrochimie, ainsi que du fioul, souvent traité à la place du brut par de petites raffineries disposant de peu de liquidités ont été ainsi privilégiés par le gouvernement chinois.  Les marges des raffineurs en souffrent puisqu’elles sont supérieures à l’exportation à celles réalisées sur le marché intérieur.

L’importance des stocks et les restrictions imposées aux exportations ne suffisent cependant pas à expliquer la diminution spectaculaire des importations chinoises. Le gouvernement chinois a donc actionné un troisième levier : la réduction de la demande intérieure. En juin, les raffineries chinoises ont traité 2,7 millions de barils de brut par jour de moins qu’un an auparavant. La production d’essence a diminué de 14 %, tandis que celles de gazole et de carburéacteur ont toutes deux reculé de 21 %. Les autorités ayant laissé augmenter les prix des carburants, de nombreux citadins ont cessé d’utiliser leur voiture pour se rendre au travail et se sont reportés sur le métro, le vélo ou les taxis  dont une grande partie fonctionne désormais à l’électricité. Au cours d’une semaine de vacances nationales en mai, la recharge des véhicules électriques le long des autoroutes a augmenté de près de 55 % sur un an. Les trains ont également pris le relais des vols intérieurs, dont le nombre a fortement diminué. Les autorités locales ont reporté certains travaux d’infrastructure, permettant ainsi d’économiser du gazole. La Chine aurait consommé 10 % de moins d’essence et de kérosène durant les deux premiers mois de la guerre qu’au cours de la même période de l’année précédente. L’industrie pétrochimique chinoise, la plus importante du monde, s’adapte à cette nouvelle situation. L’année dernière, elle transformait quotidiennement des millions de barils de naphta et de GPL — dont une grande partie provenait du Golfe — en polymères, PVC, caoutchouc synthétique, nylon ou encore polyester. Privées des matières premières provenant du Golfe et confrontées à une directive du gouvernement donnant la priorité aux carburants plutôt qu’aux matières premières pétrochimiques, les entreprises du secteur ont développé des solutions permettant de produire certains polymères à partir de charbon et d’éthane, ce dernier étant un sous-produit gazeux du raffinage du pétrole. Le système économique a plutôt bien résistés à la réduction des livraisons en provenance des pays du Golfe. Des années d’investissements soutenus par l’État dans les énergies renouvelables et les transports décarbonés l’ont rendu moins dépendant du pétrole et du gaz.

Même si le PIB chinois n’a progressé que de 4,3 % au deuxième trimestre, soit son rythme le plus faible depuis la fin de 2022, ce ralentissement s’explique davantage par la faiblesse de l’investissement et par les séquelles de la crise immobilière que par la pénurie de pétrole. En outre, le gouvernement peut encore puiser dans ses réserves stratégiques de pétrole,  Les stocks chinois de brut, de carburants et de polymères, bien que plus importants que ne l’imaginaient les observateurs étrangers, ne sont évidemment pas illimités. Contrairement à l’OPEP, qui peut théoriquement maintenir des réductions de production pendant plusieurs années, la Chine ne peut pas durablement importer 5,5 millions de barils par jour de moins qu’en temps normal mais s la guerre en Iran a démontré que, en pratique, la Chine ne manquait pas de leviers pour faire face à un embargo provoqué par les Etats-Unis et l’Iran.