5 juin 2026

Tendances – Japon, Corée du Sud, Taïwan – franchise

Japon, Corée du Sud et Taïwan en pleine turbulences économiquesLes

Taïwan connaît un nouveau miracle économique. Son taux de croissance est passé de 3 à 4 % par an en temps normal à 14 %. Cette performance spectaculaire repose sur l’explosion des exportations qui, corrigées de l’inflation, ont progressé de plus de 40 % l’an dernier. En Corée du Sud, les bénéfices d’exploitation des principales entreprises ont augmenté  de 159 % sur un an grâce ç leurs ventes à l’étranger. Même le Japon qui a connu un long hiver économique à partir des années 1990 connait depuis plus de deux ans un net rebond, les entreprises affichant des profits d’entreprises records. Depuis la pandémie de covid-19, les exportations des entreprises nipponnes progressent quatre fois plus vite que le PIB. L’Asie du Nord-Est semble vivre un nouvel âge d’or économique.  Les industries exportatrices de la région fonctionnent désormais à deux vitesses. D’un côté, l’essor de l’intelligence artificielle soutient les exportations technologiques, grâce aux fabricants de semi-conducteurs sud-coréens et taïwanais ainsi qu’aux industriels japonais spécialisés dans les équipements et matériaux destinés à la production de puces électroniques. De l’autre, une large partie du tissu industriel traditionnel est à la peine. En excluant les semi-conducteurs et les serveurs liés à l’IA, les exportations taïwanaises ont diminué de 40 % depuis 2022. En Corée du Sud, les exportations hors IA stagnent tandis que l’industrie japonaise poursuit don déclin. L’industrie automobile du Japon et de la Corée du Sud est désormais surclassée par celle de la Chine. Ce pays qui autrefois absorbait  les biens intermédiaires et les équipements produits par l’Asie du Nord-Est avant d’assembler les produits finis dans ses usines est devenue aujourd’hui une concurrente directe. La Corée du Sud et le Japon sont particulièrement exposés à la concurrence chinoise. Par ailleurs, le Vietnam est également de plus en plus présent sur certaines productions à faible contenu technologique.

La balance commerciale du Japon, de la Corée du Sud et de Taïwan avec la Chine s’est dégradée depuis 2022. L’excédent commercial chronique de Taïwan avec le continent s’est même transformé cette année en déficit. Au Japon, le déficit mensuel vis-à-vis de la Chine a atteint en février un niveau record de 1 100 milliards de yens, soit environ 6,9 milliards de dollars. La Corée du Sud connaissait depuis plusieurs années un déficit croissant avec Pékin, même si la vigueur exceptionnelle des exportations de puces électroniques lui a récemment permis de revenir temporairement en territoire positif.

La concurrence de la Chine et des pays émergents d’Asie entraine des turbulences économiques importantes.  À Taïwan, les fabricants de machines-outils placent une partie de leurs salariés au chômage partiel. Les producteurs sud-coréens de batteries, dépassés par le géant chinois CATL, exploitent certaines usines à moitié de leurs capacités. Dans la chimie les surcapacités chinoises ont provoqué une chute des prix. Avec comme conséquences une baisse de la production des groupes japonais de ce secteur de 25 % par rapport à 2019. Pour celles de Corée du Sud, la baisse atteint 20 %.

Une spécialisation économique s’opère à grande vitesse. Les semi-conducteurs et les équipements liés à l’intelligence artificielle représentent désormais plus de 40 % des exportations sud-coréennes, soit plus du double de leur poids d’il y a seulement deux ans. À Taïwan, cette proportion atteint près de 80 %, contre environ la moitié avant la pandémie. La production industrielle dépend de plus en plus de l’IA dans ces pays. Cette dépendance devrait s’accentuer, sous l’effet combiné de la montée en puissance de la concurrence chinoise dans les secteurs intermédiaires et des politiques industrielles nationales. La Corée du Sud prévoit ainsi d’investir 530 milliards de dollars sur vingt ans afin de soutenir son industrie des semi-conducteurs. Séoul souhaite que Samsung Electronics et SK Hynix se diversifient dans d’autres segments stratégiques dans la haute technologie. À Taïwan, une loi adoptée en 2023 permet aux groupes de semi-conducteurs de réduire fortement leur fiscalité sur les investissements, la recherche et le développement. Au Japon, le Premier ministre Sanae Takaichi entend renforcer la production de 61 biens stratégiques, dont les puces électroniques. Le ministère de l’Économie, du Commerce et de l’Industrie (METI), acteur central du développement industriel japonais au XXe siècle, retrouve ainsi un rôle majeur et consacre déjà 16 milliards de dollars au projet Rapidus destiné à produire des semi-conducteurs de pointe.

Cette spécialisation dans les industries technologiques avancées pourrait sembler naturelle. Les économies devenues riches abandonnent généralement les productions les moins sophistiquées au profit des services et de quelques segments industriels d’excellence. Mais le Japon, la Corée du Sud et Taïwan doivent faire face à deux fragilités majeures. La première réside dans leur dépendance croissante aux exportations pour soutenir la croissance. Depuis 2019, le poids des exportations dans le PIB a progressé de neuf points en moyenne dans les trois économies. Il atteint désormais 73 % à Taïwan et 46 % en Corée du Sud. Selon Goldman Sachs, les exportations technologiques liées à l’IA auraient contribué à près des trois quarts de la croissance sud-coréenne et taïwanaise en 2025. Au Japon, le ratio exportations/PIB atteint un record de 22 %.

La seconde faiblesse de cette spécialisation tient à la concentration géographique des débouchés. Les exportations de l’Asie du Nord-Est apparaissent beaucoup plus concentrées que celles des autres économies développées. Près des deux tiers de ses exportations taïwanaises, dominées par les semi-conducteurs, sont destinées aux États-Unis et à la Chine. La Corée du Sud et le Japon présentent également une forte concentration commerciale, qui s’est accentuée au cours de la dernière décennie.

L’ensemble de la région se trouve ainsi pris en étau entre, d’un côté, la concurrence industrielle chinoise et, de l’autre, les pressions protectionnistes américaines. Cette situation nourrit une inquiétude croissante. En Corée du Sud, les médias s’alarment du décrochage potentiel de l’industrie nationale face à la Chine. À Taïwan, les débats se multiplient autour des engagements obtenus par Washington des fabricants de puces taïwanais, contraints d’investir massivement aux États-Unis, au risque selon certains de vider progressivement l’île de sa substance industrielle. Au Japon, certains responsables reconnaissent ouvertement la perte d’autonomie stratégique du pays.

À ces tensions externes s’ajoute la faiblesse persistante de la demande intérieure. Malgré leur richesse, les ménages d’Asie du Nord-Est consomment une part inhabituellement faible de la production nationale. La consommation privée représente environ 53 % du PIB au Japon et à peine plus de 40 % en Corée du Sud  et à Taïwan, contre près de 60 % en moyenne dans les économies avancées. Cette faiblesse de la consommation est d’autant plus surprenante que le vieillissement démographique devrait normalement soutenir les dépenses des ménages dans les services. Ce faible poids des la consommation est la conséquence des politiques mises en œuvre depuis de nombreuses années afin de favoriser l’investissement et l’exportation. Les ménages ont été appelés, en particulier, au Japon à financer les déficits publics extrêmement élevés. Le développement des trois pays reposent sur de grands groupes dont la logique économique repose sur l’exportation. A Taïwan, TSMC représente à elle seule près de 9 % du PIB et environ 40 % de la capitalisation boursière de l’île. Samsung Electronics et SK Hynix dominent également l’économie sud-coréenne. Au Japon, les grands exportateurs restent les partenaires privilégiés du METI. Le Japon, la Corée du Sud et Taïwan sont des pays duals. La concentration du capital et des talents accentue les fractures sociales. Les réglementations favorisent souvent les salariés des grands groupes industriels, créant ce que certains chercheurs qualifient d’« aristocratie du travail ». À l’inverse, les petites entreprises, peu productives mais fortement pourvoyeuses d’emplois, forment une vaste périphérie sociale aux revenus modestes. Elles représentent environ 60 % de l’emploi en Corée du Sud, 70 % au Japon et 80 % à Taïwan. Les marchés du travail demeurent fragmentés. Les salariés protégés des grandes entreprises bénéficient toujours de l’emploi à vie et d’avantages élevés, tandis que les travailleurs précaires perçoivent des rémunérations nettement plus faibles. En Corée du Sud, les travailleurs irréguliers gagnent environ moitié moins que les salariés permanents. Au Japon, l’écart atteint 40 %. Les emplois précaires représentent désormais plus du tiers de la population active japonaise, contre un sixième dans les années 1980. À Taïwan, les salariés de l’électronique bénéficient d’une prime salariale de 70 % par rapport à la moyenne nationale.

Les systèmes de protection sociale sont dans ces pays peu généreux. Taïwan et la Corée du Sud consacrent respectivement 5 % et 4 % de leur PIB aux retraites, soit environ la moitié de la moyenne de l’OCDE. Les taux de pauvreté des personnes âgées atteignent 20 % au Japon et près de 40 % en Corée du Sud, contre 14 % en moyenne dans l’OCDE. Les dispositifs d’assistance sociale demeurent également limités.

Les gouvernements commencent certes à prendre conscience des déséquilibres. Le Japon assouplit progressivement son système d’emploi à vie. La Corée du Sud réforme ses retraites pour la première fois depuis 1998. Mais ces ajustements restent modestes.

La prospérité de l’Asie du Nord-Est dépend de plus en plus des exportations et du secteur de la haute technologie. En cas de remise en cause de l’engouement dans l’IA, ces pays pourraient être confrontés à la récession. L’industrie des semi-conducteurs reste l’une des plus cycliques au monde. La diversification des économies de ces pays est donc une ardente obligation d’autant plus que les relations commerciales sont de plus en plus soumises aux aléas de la géopolitique.

La franchise : une fabrique de millionnaires ?

Les start-up constituent encore aujourd’hui, dans l’imaginaire collectif, le moyen privilégié pour les jeunes de faire fortune. Or, dans les faits, la franchise apparaît souvent comme une solution bien plus rentable et moins risquée. Aux États-Unis, Greg Flynn, diplômé de la Stanford Business School en 1994, choisit, à la différence de ses condisciples attirés par le secteur de la haute technologie, d’ouvrir un restaurant avec un ami. Quelques années plus tard, profitant des conditions de financement favorables offertes aux franchisés, il acquiert huit restaurants Applebee’s. Aujourd’hui, Greg Flynn dirige plus de 3 000 établissements franchisés répartis entre sept enseignes et trois pays. Sa fortune dépasserait le milliard de dollars, faisant probablement de lui le premier franchisé milliardaire au monde. En France, de nombreux franchisés se sont constitué de véritables empires. Les exploitants de restaurants McDonald’s, de boutiques d’optique, d’hôtels ou de supermarchés réalisent, dans le cadre de grands réseaux de franchise, des chiffres d’affaires importants.

Depuis l’essor de la franchise aux États-Unis, dans les années 1950, ce modèle s’est imposé comme l’un des piliers du capitalisme contemporain. Ce pays compte aujourd’hui près de 850 000 établissements franchisés exploités par environ 250 000 propriétaires, représentant près de neuf millions d’emplois et environ 3 % du PIB américain. Une entreprise employant au moins un salarié sur six appartient désormais à un réseau de franchise. En France, la franchise constitue également l’un des principaux piliers du commerce. Plus de 2 000 réseaux y sont recensés, avec à la clé plus de 93 400 points de vente. Le chiffre d’affaires se rapproche des 100 milliards d’euros. Plus d’un million de personnes travaillent dans un réseau de franchise. Ce secteur est en pleine croissance, avec une hausse du chiffre d’affaires de 5 % en 2025.

La franchise s’étend à un grand nombre de secteurs, de la restauration à l’hôtellerie, en passant par les services logistiques. Le phénomène gagne désormais de nouveaux domaines comme le fitness haut de gamme, les services à domicile ou la garde d’enfants, porté notamment par les fonds de private equity, qui voient dans ce modèle une source de revenus récurrents et une capacité d’expansion rapide.

McDonald’s a réussi à mailler la planète entière grâce à la franchise. Aux États-Unis, environ 95 % des 14 000 restaurants McDonald’s sont exploités selon ce modèle. L’enseigne se plaît à rappeler qu’elle a contribué à créer des multimillionnaires. Ses dirigeants aiment à répéter que tout le monde ne peut pas devenir un nouveau Steve Jobs ou un nouvel Elon Musk, mais que beaucoup peuvent encore espérer réussir en « vendant des hamburgers ». En France, plus de 80 % des McDonald’s sont en franchise, soit plus de 1 300 restaurants détenus par environ 350 franchisés. Le chiffre d’affaires moyen d’un restaurant McDonald’s en France se situe autour de 4,5 millions d’euros. La marge nette est, en règle générale, comprise entre 5 % et 10 %. Le bénéfice avant impôt d’un restaurant est compris entre 300 000 et 400 000 euros. Comme un franchisé détient souvent de trois à cinq restaurants, ses revenus annuels peuvent facilement dépasser un million d’euros.

La franchise offre des possibilités d’ascension sociale qui séduisent en particulier les populations immigrées. Aux États-Unis, environ deux tiers des motels américains appartiennent aujourd’hui à des familles d’origine indienne. En France, de plus en plus d’entrepreneurs issus de l’immigration prennent en franchise des boulangeries, des supérettes alimentaires, des points de services automobiles ou des salons de coiffure.

Les jeunes générations sont également de plus en plus attirées par les franchises. Pendant longtemps, la voie royale vers la réussite passait par les études supérieures et les emplois qualifiés de bureau. Aujourd’hui, les grandes entreprises font moins rêver. L’évolution des salaires y est lente et la taylorisation des tâches rebute de plus en plus de jeunes. L’émergence de l’intelligence artificielle et les incertitudes pesant sur les emplois tertiaires accroissent l’attrait pour les métiers plus concrets et les activités de proximité. Les activités nécessitant une présence humaine — restauration, sport, soins, services — apparaissent désormais plus résilientes face à l’automatisation. Les métiers de la franchise offrent des interactions directes, quand le travail de bureau tend à se déshumaniser avec le recours croissant à l’informatique.

Pour les économistes, la franchise constitue pourtant un objet hybride, entre subordination et autonomie. Le franchiseur conserve le contrôle de la communication, du marketing et de la nature des produits ou des prestations fournies, tout en s’appuyant sur des entrepreneurs locaux qui investissent leur propre capital. Ces derniers sont des chefs d’entreprise à part entière, mais ils bénéficient de l’apport d’un réseau. Le système permet ainsi de conjuguer standardisation et motivation entrepreneuriale.

Ce modèle est particulièrement efficace dans les secteurs nécessitant une présence territoriale dense et une main-d’œuvre dispersée : restauration, hôtellerie, services de proximité. En laissant au franchisé une part importante des profits, l’enseigne l’incite à gérer son établissement avec davantage d’implication qu’un simple salarié. Le franchiseur transfère, de son côté, une partie du risque commercial sur le franchisé.

L’autonomie accordée aux franchisés permet de mieux intégrer les spécificités locales. Ces derniers sont supposés bien connaître leur marché et pouvoir adapter le modèle commercial du franchiseur. Ce système de vente est, par nature, quasi fédéral. La tête de réseau centralise les fonctions supports : formation, marketing, campagnes nationales de communication, gestion des achats ; à charge pour les franchisés de trouver des solutions locales afin d’améliorer leurs ventes.

Le modèle de la franchise suppose un apport en capital de la part des gestionnaires locaux des enseignes. Les apports, en France, se situent en moyenne entre 100 000 et 300 000 euros. La tête de réseau peut proposer des moyens de financement. Les redevances permanentes versées au franchiseur par le franchisé représentent généralement 5 à 7 % du chiffre d’affaires dans la restauration et jusqu’à 10 à 12 % dans le fitness ou la beauté.

Ces montants importants expliquent que de nombreux franchisés aient recours à l’endettement, à l’épargne accumulée lors d’une première carrière ou au soutien familial. La franchise est loin d’être une garantie absolue. Les risques d’échec demeurent réels. En France, dernièrement, plus de 500 magasins Camaïeu ont été fermés en 2022, avec près de 2 600 salariés concernés. Le réseau Toupargel a disparu, avec plus de 1 900 emplois supprimés. San Marina a été liquidé en 2022, entraînant la fermeture de 160 magasins. Kookaï a été placé en redressement, provoquant la fermeture de nombreux points de vente entre 2023 et 2025.

Le système n’échappe pas aux critiques. Certaines enseignes ont abusé de leur position dominante en imposant aux franchisés l’achat de matériels ou de fournitures à des prix excessifs. De même, la tête de réseau peut imposer, pour des travaux, des entreprises dont les prix sont supérieurs à ceux du marché, ce qui aboutit à accroître les charges supportées par le franchisé. L’indépendance de ce dernier est parfois virtuelle. Les conditions imposées au personnel en matière de rémunération ou d’horaires peuvent placer les salariés dans une situation de subordination de fait à l’égard du franchiseur et non du franchisé.

Aux États-Unis, sous la présidence Obama, une règle visant à rendre les franchiseurs coresponsables des salariés employés par les franchisés avait été introduite. Celle-ci a été en grande partie démantelée par l’administration de Donald Trump. En France, cette coresponsabilité n’est pas reconnue. Néanmoins, la loi du 8 août 2016 a instauré une instance de dialogue social dans les réseaux de franchise de plus de 300 salariés lorsque les conditions de travail sont fortement harmonisées. L’objectif était précisément de reconnaître que certaines décisions prises par la tête de réseau pouvaient avoir des conséquences directes sur les salariés des franchisés. Cette disposition a été fortement contestée et a eu peu d’effets pratiques. En matière de santé et de sécurité, le franchiseur peut néanmoins voir sa responsabilité engagée dans certains cas, notamment si un équipement imposé par le réseau est défectueux ou si une méthode de travail obligatoire présente un danger.

Au moment où les start-up peinent à retrouver les valorisations qui avaient nourri les rêves de la décennie 2010, la franchise rappelle qu’il existe d’autres chemins vers la réussite économique. Moins spectaculaire que la Silicon Valley, moins médiatique que les géants du numérique, elle permet chaque année à des milliers d’entrepreneurs de bâtir un patrimoine, de créer des emplois et de développer des activités ancrées dans les territoires.

Dans des économies où l’intelligence artificielle remet en question de nombreux emplois tertiaires et où les grandes organisations offrent des perspectives d’ascension plus limitées qu’autrefois, la franchise pourrait bien retrouver une nouvelle jeunesse. Elle conjugue deux aspirations contemporaines : le désir d’indépendance et la recherche de sécurité. Entre le salariat et l’aventure entrepreneuriale solitaire, elle constitue une troisième voie. Le succès durable de ce modèle rappelle enfin une vérité souvent oubliée : dans le capitalisme moderne, les plus grandes fortunes ne naissent pas toujours dans les laboratoires de technologie ou les salles de marché. Elles se construisent parfois derrière le comptoir d’un restaurant, dans une galerie marchande ou au coin d’une rue commerçante.