5 juin 2021

C’est déjà hier : inflation, chômage, production industrielle, démographie

Le renouvellement des générations n’est plus assuré en France

Pour apprécier le renouvellement des générations, les démographes prennent en compte la notion de descendance finale des femmes qui est le nombre moyen d’enfants qu’elles ont mis au monde au cours de leur vie entre 15 et 50 ans. Le taux de fécondité qui est le rapport entre le nombre d’enfants nés vivants des femmes au cours de l’année, rapporté à la population moyenne des femmes en âge de procréer sur l’année, évolue dans un sens en fonction de l’âge des femmes auquel les naissances interviennent. Ainsi, le taux de fécondité a, ces dernières années, fluctué en raison de l’arrivée plus tardive des enfants au sein des couples. L’analyse des descendances ne peut être réalisée qu’à posteriori mais est plus fiable que le taux de fécondité. La récente analyse réalisée par l’INSEE souligne que pour les dernières générations ayant achevé leur cycle de fécondité, le renouvellement n’est plus, en France, assurée. En ce qui concerne les générations plus récentes, les résultats intermédiaires sembleraient démontrer un regain de fécondité mais qui doit être confirmé. Par ailleurs, l’INSEE note des différences sensibles entre les hommes et les femmes.

En France, en 2019, les femmes de la génération 1969, ayant atteint l’âge de 50 ans, sont les plus jeunes pour lesquelles il est possible d’observer la descendance finale. Elles ont en moyenne donné naissance à 2,00 enfants tout au long de leur vie. Ce niveau est proche du seuil de renouvellement des générations, fixé, selon l’INSEE, à 2,05. En raison du rapport de masculinité à la naissance (il naît environ 104,5 garçons pour 100 filles) et de la faible mortalité infantile, le niveau de remplacement est atteint lorsque les femmes ont en moyenne 2,05 enfants dans les pays développés. Toutes les générations nées entre 1900 et 1963 ont dépassé ce seuil. Les générations plus jeunes, celles de 1964 à 1969, ont de moins en moins d’enfants.

INSEE

La descendance finale des femmes a augmenté pour les générations se situant entre 1900 et 1928 pour atteindre 2,65 enfants. Elle est restée pour les générations des années 1930 qui ont parents durant le baby-boom. Avant les générations des années 1960, le renouvellement n’avait pas été assuré en France pour les générations nées entre 1893 et 1897 et qui ont eu vingt ans durant la Première Guerre mondiale.

La descendance finale des hommes a commencé à baisser avant celle des femmes. L’âge moyen auquel ils ont des enfants est également un peu plus élevé que celui des femmes. La génération dont la descendance finale est la plus nombreuse est celle née en 1922, soit un peu plus tôt que pour les femmes. Les générations suivantes ont eu de moins en moins d’enfants. Pour les dix générations suivantes, nées dans les années soixante, la descendance finale des hommes n’est pas encore connue, contrairement à celle des femmes. Néanmoins, ils ont moins d’enfants à 50 ans que la génération 1959 et devraient également en avoir moins à 60 ans puisque les naissances de pères de 50 à 60 ans restent relativement faibles. Leur descendance finale se rapprochera néanmoins de celle des femmes de la même génération. Cela provient en partie de la hausse de l’infécondité : le nombre d’hommes qui n’ont aucun enfant durant leur vie augmente entre les générations du début des années 1940 et celles des années 1960.

Contrairement aux femmes, la Première Guerre mondiale n’a jamais fait passer la descendance finale des hommes en dessous de 2,05 enfants par homme. Cette différence s’explique par leur période de forte fécondité plus longue que celle des femmes, ce qui leur a permis d’avoir des enfants bien après la fin de la guerre. Moins nombreux au sortir de la guerre, compte tenu de l’excédent de décès masculin sur les décès féminins, les survivants avaient une plus forte probabilité d’avoir des enfants qu’auparavant.

La descendance des femmes de 20 ans a fortement diminué en France comme dans les autres pays avancés.  Sur 100 femmes nées en 1999, seulement 4,5 ont des enfants. Pour les générations nées entre 1927 et 1957, la ratio était de 20. Cette évolution est encore plus nette pour les hommes. 100 hommes nés en 1999 ont donné naissance à 1,2 enfant contre 6,5 pour la génération née en 1952.

La descendance à 30 ans des femmes de la dernière génération ayant aujourd’hui cet âge (celles nées en 1989) est de 100 enfants pour 100 femmes. Elle n’est que de 66 enfants pour les hommes du même âge. La descendance à 30 ans diminue nettement pour les générations nées après la Seconde Guerre mondiale, qui ont eu cet âge en 1975 ou après. Le pic a été atteint pour la génération 1937 pour les femmes (197 enfants pour 100 femmes âgées de 30 ans) et pour la génération 1943 pour les hommes (148 enfants pour 100 hommes). Cependant, la baisse de la descendance à 30 ans peut être seulement le résultat d’un report des naissances et n’impliquera pas forcément une baisse de la descendance finale.

La descendance finale pourrait repartir à la hausse pour les générations nées dans les années 1970. En effet, la descendance à 40 ans augmente à partir de la génération 1973), après un point bas pour la génération 1972 à 1,94 enfant par femme à l’âge de 40 ans. Si l’ensemble des générations nées entre 1965 et 1978 avaient en moyenne moins de 2,00 enfants par femme à l’âge de 40 ans, la génération 1979 est la première à repasser au-dessus de ce seuil. Ce phénomène est lié à la hausse de la fécondité observée en France au début des années 2000. Selon l’INSEE, la descendance finale serait supérieure à deux enfants par femme pour toutes les générations nées entre 1973 et 1985.

Bien que plus éloignés de la fin de leur vie féconde, les hommes de 40 ans suivent le même chemin. Leur descendance à 40 ans a aussi atteint un point bas pour la génération 1972, avec 174 enfants pour 100 hommes, mais elle remonte depuis et atteint 180 enfants pour la génération 1979. En supposant qu’aux âges qu’ils n’ont pas encore atteints, ils aient une fécondité identique à celle observée chez les hommes de ces âges en 2019, la descendance des hommes à 60 ans resterait supérieure à deux enfants par homme jusqu’à la génération 1985 (à l’exception des générations 1971 et 1972).

L’inflation à 2 % en zone euro

Avec l’augmentation du prix des matières premières et de l’énergie, l’inflation de la zone euro a atteint, selon Eurostat, la barre symbolique des 2 % au mois de mai, contre 1,6 % en avril.

S’agissant des principales composantes de l’inflation de la zone euro, l’énergie devrait connaître le taux annuel le plus élevé en mai (13,1 %, comparé à 10,4 % en avril), suivie des services (1,1 %, comparé à 0,9 % en avril), des biens industriels hors énergie (0,7 %, comparé à 0,4 % en avril) et de l’alimentation, alcool & tabac (0,6 %, stable comparé à avril).

Le taux d’inflation s’est élevé à 4 % au Luxembourg, 2,4 % en Allemagne et 1,8 % en France. Il est encore en baisse en Grèce.

Eurostat

Légère baisse du chômage en avril en zone euro

En avril, le taux de chômage corrigé des variations saisonnières de la zone euro était, selon Eurostat, de 8,0 %, en baisse par rapport au taux de 8,1 % enregistré en mars. Il est en hausse de 0,7 point par rapport à avril 2020. Le taux de chômage de l’Union européenne était de 7,3 % en avril, inchangé par rapport à mars 2021 et en hausse comparé au taux de 6,7 % d’avril 2020.

En avril, 15,380 millions d’hommes et de femmes étaient au chômage dans l’Union, dont 13,030 millions dans la zone euro. 2,939 millions de jeunes de moins de 25 ans étaient au chômage dans l’Union, dont 2,348 millions dans la zone euro. En avril 2021, le taux de chômage des jeunes s’est établi à 17,1 % pour l’Union et de 17,2 % pour la zone euro.

Eurostat

Les taux de chômage les plus élevés se situent en Espagne et en Italie, les plus faibles en Pologne et en Tchéquie. La France se place dans la moyenne de l’Union européenne. Les taux de chômage sont toujours délicats à interpréter en raison du recours encore important au chômage partiel.

L’industrie française retrouve quelques couleurs

Un an après la chute du printemps 2020, l’industrie a retrouvé progressivement son niveau d’avant crise. Sur un an, le chiffre d’affaires de l’industrie manufacturière est en hausse au premier trimestre (+2,4 %). Pour l’ensemble de l’industrie, la progression est de 3,5 %.

Les augmentations les plus fortes sont à mettre au compte des industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution (+8,2 %) et de celles des biens d’équipement (+6,9 %). La hausse est plus modérée dans les industries agro-alimentaires (+1,9 %). Sur cette même période, le chiffre d’affaires est, en revanche, en nette baisse dans la cokéfaction et raffinage (-13,9 %) et dans les matériels de transport (-8,1 %).

Pour le seul mois de mars 2021, le chiffre d’affaires dans l’industrie manufacturière rebondit fortement (+8,4 % après -4,8 % en février), de même que dans l’ensemble de l’industrie (+6,1 % après -1,4 % en février). Le chiffre d’affaires à l’exportation s’améliore également (+15,5 % après -14,1 % en février).

Par rapport à son niveau de février 2020 (dernier mois avant le début du premier confinement), le chiffre d’affaires est en légère augmentation dans l’industrie manufacturière (+0,4 %) et en augmentation un peu plus nette dans l’ensemble de l’industrie (+2,4 %).

Par rapport à février 2020, le chiffre d’affaires est en hausse dans les industries extractives, énergie, eau, gestion des déchets et dépollution (+12,1 %), dans les « autres industries » (+2,8 %), dans les industries agro-alimentaires (+3,6 %) et dans les biens d’équipement (+2,8 %). Au contraire, le chiffre d’affaires reste en retrait dans la cokéfaction et raffinage (-10,3 %) et dans les matériels de transport (-7,6 %).

INSEE