19 août 2023

Hier et demain – emploi – croissance – télétravail – Chine

La croissance toujours présente en zone euro

Au cours du deuxième trimestre 2023, le PIB corrigé des variations saisonnières a augmenté de 0,3 %, selon Eurostat, dans la zone euro et est resté stable dans l’Union européenne par rapport au trimestre précédent. Au cours du premier trimestre 2023, le PIB était resté stable dans la zone euro et avait augmenté de 0,2 % dans l’Union.

Cercle de l’Épargne – données Eurostat

En comparaison avec le même trimestre de l’année précédente, le PIB corrigé des variations saisonnières a enregistré une hausse de 0,6 % dans la zone euro et de 0,5 % dans l’Union au deuxième trimestre 2023, après +1,1 % dans les deux zones au trimestre précédent. Parmi les grands pays européens, la France et l’Espagne sont ceux qui enregistrent la plus forte croissance au deuxième trimestre avec respectivement des taux de 0,5 et 0,4 %. À l’opposé, la Pologne a connu une contraction sur la même période de 3,7 %.

Au cours du deuxième trimestre 2023, le PIB des États-Unis a augmenté de 0,6 % par rapport au trimestre précédent (après +0,5 % au premier trimestre 2023). Par rapport au même trimestre de l’année précédente, le PIB américain a augmenté de 2,6 % (après +1,8 % au trimestre précédent). Sur un an, l’Espagne, la France et l’Italie enregistrent une croissance supérieure à la moyenne à la différence de l’Allemagne.

Cercle de l’Épargne – données Eurostat

Toujours au sein de la zone euro, le nombre de personnes ayant un emploi a augmenté de 0,2 % au deuxième trimestre 2023 par rapport au trimestre précédent. Ce même taux a été constaté au sein de l’Union. Au cours du premier trimestre 2023, l’emploi avait augmenté de 0,5 % dans les deux zones. Par rapport au même trimestre de l’année précédente, l’emploi a augmenté de 1,5 % dans la zone euro et de 1,3 % dans l’Union au deuxième trimestre 2023, après +1,6 % dans les deux zones au premier trimestre 2023.

Chine, la menace immobilière toujours présente

Deux ans après les difficultés rencontrées par le promoteur immobilier Evergrande, un deuxième promoteur en Chine connaît des problèmes, Country Garden. Ce dernier est dans l’incapacité d’honorer le versement des intérêts de sa dette provoquant la chute de la valeur des obligations qu’il a émises. Le promoteur a bénéficié d’un délai de grâce d’un mois pour régulariser sa situation, avant d’être officiellement en défaut. Il a été néanmoins contraint d’arrêter la cotation de onze de ses lignes obligataires. Country Garden est exposé aux villes moyennes durement touchées par la crise immobilière. Morgan Stanley a estimé que plusieurs années seront nécessaires pour résoudre les problèmes de liquidité de ce promoteur.

Ces dernières années, les difficultés d’un nouveau promoteur accentuent les suspicions d’éclatement de la bulle immobilière et des dangers de l’essor du shadow banking. La population est de plus en plus inquiète de la détérioration de la situation financière des promoteurs. De nombreux ménages chinois ont affecté une grande partie de leur épargne dans des actifs immobiliers afin de se constituer un patrimoine en vue de la retraite. La crise immobilière en cours incite ces derniers à réduire la consommation ce qui pèse négativement sur la croissance.

En Chine, la finance parallèle (shadow banking) représente, selon Bloomberg, 2 900 milliards de dollars. Des établissements non financiers ou agréés en tant que tels collectent l’épargne des particuliers et des entreprises qui sert de base à des prêts qui sont consentis au profit de promoteurs. Les acteurs de la finance parallèle investissent également dans des actions et des obligations. La baisse des prix de l’immobilier et les besoins financiers des promoteurs ont entraîné la mise en défaut de 106 produits d’investissement en 2023 pour un total de 44 milliards de yuans, dont les trois quarts liés à l’immobilier.

Craignant un emballement de la crise et l’enclenchement d’une spirale déflationniste, la banque centrale chinoise a décidé de baisser ses taux directeurs. Comme les taux d’intérêt augmentent dans le reste du monde, les capitaux chinois ont tendance de sortir du territoire entraînant une baisse du yuan. Ce dernier s’approche de son plus bas niveau face au billet vert en plus de quinze ans, à près de 7,3 pour un dollar. Les autorités sont condamnées à prendre de nouvelles mesures au risque de contribuer à la poursuite du gonflement de la bulle immobilière et à l’augmentation de la dette. Les agences de notation étudient désormais la possibilité de dégrader la note de la Chine.

Télétravail, attention aux conclusions hâtives

Selon étude de l’institut économique allemand Ifo et d’Econpol Europe, les Français télétravaillent en moyenne 0,6 jour par semaine, contre 0,9 jour dans les 34 pays étudiés. Seuls trois autres pays ont un ratio de télétravail inférieur : la Grèce (0,5), le Japon (0,5) et la Corée du Sud (0,4). Les salariés canadiens, britanniques et américains télétravaillent, en revanche, environ un jour et demi par semaine en moyenne. En Europe, le nombre moyen de jours télétravaillés s’élève à 0,8 par semaine, contre 0,7 dans les pays asiatiques étudiés, à 0,9 en Amérique latine et en Afrique du Sud, et à 1,4 dans les pays anglo-saxons.

En France, par exemple, les salariés aimeraient travailler chez eux en moyenne 1,4 jour par semaine. Mais là encore, preuve que la culture du présentiel est encore omniprésente en France, les Français se situent dans le bas du classement. Seuls les Danois, les Norvégiens, les Japonais et les Sud-Coréens souhaiteraient moins ou autant de télétravail. Un jour et demi par semaine est par exemple un jour de moins que dans les pays anglo-saxons, latino-américains ou encore en Turquie, en Afrique du Sud ou à Singapour.

Les employeurs français restent méfiants envers le télétravail. Selon cette étude réalisée entre avril et mai 2023 auprès de 42.000 travailleurs – dont 2 500 en France -, ils ne sont prêts à proposer à leurs salariés que 0,72 jour de télétravail hebdomadaire en moyenne, soit 0,7 jour de moins que ce que souhaiteraient les travailleurs. Au niveau mondial, l’écart est de 0,9 jour en moyenne, les salariés réclamant 2 jours par semaine en moyenne contre 1,1 prévu par leurs employeurs. C’est dans les pays anglo-saxons que les attentes et les réalités se rapprochent le plus (0,7 jour d’écart en moyenne), et en Amérique latine et Afrique du Sud qu’elles sont les plus éloignées (1,3 jour d’écart).

Les arguments avancés en faveur du télétravail le plus cité sont sans surprise le gain de temps entraîné par l’absence de trajet domicile-travail (60 %), devant les économies sur les frais de carburants et de repas (44 %) et la flexibilité des horaires (42 %). En face, la socialisation avec les collègues (62 %), les meilleures conditions de travail en équipe (54 %) et la séparation nette entre vie professionnelle et vie privée (43 %) sont perçues comme les trois principaux avantages du travail en présentiel.

Légère baisse des emplois vacants en France

Au 2e trimestre 2023, selon la DARES, dans les entreprises de 10 salariés ou plus du secteur privé, le taux d’emplois vacants s’élève à 2,2 %. Ce taux baisse de 0,1 point par rapport au 1er trimestre et de 0,2 point sur un an. Par rapport au 1er trimestre 2023, le taux d’emplois vacants recule dans tous les grands secteurs : -0,2 point dans le tertiaire non marchand et -0,1 point dans l’industrie, la construction et le tertiaire marchand.

Au 2e trimestre, la France comptait 355 600 emplois vacants, soit une baisse de 4 % par rapport au trimestre précédent. Le nombre d’emplois vacants baisse dans tous les grands secteurs : -7% dans le tertiaire non marchand, -5 % dans la construction, -4 % dans l’industrie et -3 % dans le tertiaire marchand.

Le nombre d’emplois vacants demeure plus élevé qu’avant la crise sanitaire (+65 % par rapport au 4e trimestre 2019) et dans tous les grands secteurs : +79 % dans la construction, +76 % dans l’industrie, +71 % dans le tertiaire non marchand et +58 % dans le tertiaire marchand.

Au 1er trimestre 2023, 49 % des emplois déclarés vacants correspondent à des emplois inoccupés, en baisse de 1 point par rapport au trimestre précédent, 27 % à des emplois nouvellement créés (inchangée par rapport 1er trimestre 2023) et 22 % à des emplois encore occupés et sur le point de se libérer (+1 point). Pour 2 % des emplois vacants, le type n’est pas renseigné (-1 point).

Dares